Hier encore, elle était à Durban, en Afrique du Sud, à l’invitation des Nations unies. Devant un parterre de dignitaires préoccupés par les changements climatiques, elle a présenté son bébé: le programme Plante Action qui forme, en République démocratique du Congo (RDC), des entrepreneurs responsables. Leur mission: cultiver et transformer les plantes médicinales, qui poussent en quantité phénoménale sur le continent noir, tout en préservant la forêt équatoriale.
Carole Robert a de quoi être fière. Son laboratoire-école, construit par les étudiants de l’École de technologie supérieure de Montréal, est niché en pleine jungle dans la réserve forestière de Luki, en RDC. Et la première cohorte d’apprentis « écopreneurs » est sur le point d’y terminer sa formation de trois ans.
Les yeux de la dame brillent et sa voix s’attendrit quand elle parle de ces femmes et hommes – ils sont une vingtaine – qui retourneront ensuite dans leurs villages cultiver armoise, curcuma, pervenche, margousier… Chaque initiative devrait générer des dizaines d’emplois, contribuant ainsi à la création d’une classe moyenne africaine.
Pour elle, c’est un premier pas visant à corriger une lacune immense: l’absence de l’Afrique dans le circuit mondial des plantes destinées aux industries alimentaire, cosmétique et pharmaceutique. Un marché gigantesque que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) évalue à 60 milliards de dollars. « Tant qu’on jugera l’Afrique incapable de respecter les normes de qualité internationales, on la tiendra à l’écart du marché », dit-elle. Un non-sens pour cette adepte du Trade not Aid (le commerce, pas la charité). « Le commerce est un outil de développement incroyable, observe-t-elle. Mais les entreprises ne doivent pas l’utiliser au détriment des gens et de l’environnement. »