Le nouveau Châtelaine
Générale 29 août 2008 2:26Il est arrivé, le nouveau Châtelaine.

Dans les kiosques à journaux. Dans les boîtes aux lettres pour les abonnées. Choc et surprise, je suppose. Car nous l’avons chamboulé et pas un tout petit peu.
La dernière refonte remonte à octobre 2002, peu de temps après mon arrivée. Il était temps de faire des changements. Nous nous lassons rapidement. Et beaucoup de choses ont changé depuis 2002. La grande vague ‘croissance personnelle’ s’essouffle . Fini le curetage de nombril. Certes, nous avons toutes compris qu’on doit s’aimer avant d’aimer les gens qui nous entourent mais une fois ce constat fait, il faut aller plus loin. C’est ce que le nouveau Châtelaine, qui repose sur sa longue et riche tradition journalistique, tente de faire.
J’espère que vous l’aimerez. Graphiquement, c’est le jour et la nuit. Nous le voulions vif, vrai et vitaminé. C’est moderne, les couleurs sont franches. La navigation est simple. Au début, on plonge dans les reportages car vous nous avez dit que c’était la raison première pour laquelle vous achetiez le magazine. En fait, juste avant, il y a une chronique appelée Visites Libres dirigée par Benoît Dutrizac (oui, oui !) 
dans laquelle il invite des gens qu’on ne lit jamais dans un féminin et qui écrivent sur des sujets dont on ne parle jamais dans un féminin. Et il lui arrive aussi de signer des textes jamais banals.
Après la section Reportages, la section Inspiration qui regroupe la mode, la déco, la beauté et la cuisine. Je veux changer le langage des magazines féminins. Mode s’appelle Style, Déco s’appelle Maison, Beauté s’appelle Petits Pots et Cuisine, Gourmandise. Vous verrez même dans les textes, le langage est différent. Plus direct, moins gnan-gnan. Plus de citations nounounes genre: Sylvie F, 32 ans, infirmière dans un CLSC et maman de deux bambins de 3 et 5 ans, confie: ‘J’aime la vie.’
Voyez le genre ? Nous serons aussi un brin provocant. Pas pour choquer mais pour attirer l’attention sur des sujets que nous croyons importants.
Après Inspiration - et ça s’appelle ainsi parce que nos suggestions de vêtements ou de recettes, ce sont justement des suggestions pour vous inspirer et non pas pour vous dire quoi faire ou comment - il y a la section Weekend, des idées pour vos temps libres y compris une page Speed Détente. C’est une lectrice qui a eu cette idée. Merci si vous vous reconnaissez.
Nos trois chroniqueuses-vedettes ont un nouveau ‘home’ dans les pages Weekend. Pas question de les laisser aller. Vous les aimez bien que trop.
Ensuite et pour clore le magazine, nous avons regroupé ce qui autrefois s’appelait Réponses à Tout et Carnets dans une nouvelle section Tout sur Tout avec 75% d’infos utiles sur la santé et 25% d’infos frivoles mais qui nous amusent, le tout illustré abondamment. De bien belles et bonnes pages.
La dernière page est en fait un retour en arrière. Ce sont des nouvelles des femmes dans le monde par une journaliste, Marie-Claude Bourdon, qui tenait cette chronique auparavant et qui fait un retour à Châtelaine. J’en suis très heureuse.
Sur la fausse couverture que vous verrez en kiosque - celle qui cache Julie Payette - nous promettons que Châtelaine parle aux femmes différemment. Je pense que nous l’avons toujours fait. Mais de nos jours, se démarquer du lot, ce n’est pas évident. Les impératifs commerciaux semblent dicter à tout le monde que pour avoir du succès, on doive nécessairement se placer du côté de la facilité.
Moi, je l’aime bien le nouveau Châtelaine mais c’est à vous de décider s’il répond aux besoins des femmes (et des hommes d’ici) mais chose certaine, nous l’avons imaginé comme vous: ouvert, curieux, intelligent, vif d’esprit, généreux de coeur, drôle quand il le faut et sérieux quand c’est nécessaire mais sans jamais se prendre au sérieux.
J’attends vos commentaires, bons et moins bons. Nous ne faisons pas ce magazine pour nous mais pour vous, pour paraphraser Barack Obama quand il a dit hier soir: This election is not about me, it is about you. Un discours historique, quoiqu’il arrive aux urnes.


Lise Aubry a écrit :
29 août 2008 à 2:54
Bonjour!
J’ai vu le nouveau Châtelaine en kiosque et j’ai du me retenir très fort pour ne pas l’acheter …car je suis abonnée! Le facteur ne m’a l’a pas encore livré alors je dois attendre. J’ai triché un peu au kiosque, je l’ai feuilleté: comme il a l’air intéressant! Mme Ravary, je crois que vous avez fait du très beau travail. Merci à vous et à l’équipe de Châtelaine. Et vite facteur, accélère ton pas!
genevieve a écrit :
29 août 2008 à 3:11
He bien moi je suis abonnée et je vais de ce pas l’acheter en plus! J’en profite pour vous dire combien ça me fait plaisir de vous regarder aller vers l’audace et l’envergure. Longue vie au nouveau Châtelaine!
ymarcoux a écrit :
29 août 2008 à 3:12
Well, on ne peut certainement pas dire que vous manquez de vision et d’idées pour la concrétiser. Mais il y a une chose que vous ne devriez jamais changer, Lise : le titre de votre magazine, “Châtelaine”. Pourquoi, parce la féminisation des mots masculins (ex.: auteur - auteure) est un phénomène assez récent. Mais le mot châtelaine, lui, a toujours existé! Et oublions le fait qu’il servait à désigner la femme d’un propriétaire de château. Une fois le propriétaire décédé, la femme devenait la vraie propriétaire. Les femmes avaient beaucoup de pouvoirs au Moyen Âge (à la condition de ne pas être la fille ou l’épouse d’un homme).
Allez-vous ajouter une chronique “chars”? De plus en plus de femmes s’intéressent à tout ce qui est mécanique (surtout les châtelaines en mini Cooper).
cindy a écrit :
29 août 2008 à 4:11
Bonjour !
Ça tombe bien que vous parliez de “chars” parce que ce mois-ci, exclusivement sur notre site, nous proposons un article intitulé ” Acquérir une voiture neuve”. Nous vous invitons à le consulter !
http://fr.chatelaine.com/vivremieux/article.jsp?content=20080826_134547_32688
Cindy Synnett
Châtelaine.com
David Bérubé a écrit :
29 août 2008 à 4:49
Je sais pas ton signe madame Ravary, mais tu me fais rire, un bon rire là, on s’entend. Ou bien tu n’écris rien du tout, muette, nada. rien, nothing, elle nous laisse sécher en mini groupe, même pas d’eau.
Même pas Zen d’après moi, juste rien parce qu’elle n’a pas le temps ou le goût, et pkoi pas, c’est son blogue
Et là tout à coup, tu reviens et c’est le passion extrême q’on ressent par son écrit.
Toute revole comme.
Salut et bon vent a votre prochaine Revue Lise Ravary, je le souhaite sincèrement. C’est vendredi, il est presque 18.15 hrs ici, la fête débute, je vais prendre un verre à la santé de votre nouveau magazine devant un gros feu de bois chez mes potes dans 2 heures.
C’est pas explicable comment loin, nous prenons plaisir de la réussite version Québécois .
C’est comme un monde nouveau qu’on découvre, parce qu’on est pas là pour ne pas toujours le voir bien comme il se doit, et critiquer qu’on est des bas bons. tu comprends ?
David Bérubé.
mimi a écrit :
29 août 2008 à 5:41
J’ai encore plus hâte de le recevoir mais ce sera vers le 15 du mois comme tous les mois, encore deux petites semaines à attendre, c’est long!!!
Marie-Lorraine a écrit :
29 août 2008 à 10:32
Ce que j’ai hâte de le recevoir ce Chatelaine-là!!! Mais mon facteur ne me l’apportera que dans quelques jours. J’aime bien être abonnée mais il faut attendre et lorsqu’on le voit sur les tablettes des magasins on trouve ça long……..
Je reviendrai vous donner mon opinion quoique je ne suis pas inquiète car ce sera sûrement très bien et intéressant !!!!!
Epicure a écrit :
30 août 2008 à 5:56
Moi aussi je suis une abonnée en attente du facteur! Vous avez réussi à me mettre l’eau à la bouche et j’ai très hâte de découvrir cette nouvelle mouture. Pour faire durer le plaisir, je patienterai encore quelques jours afin de lire ce numéro au-dessus de l’Atlantique en direction de Londres. Belle façon d’agrémenter encore plus mon voyage!
Sylvie Tremblay a écrit :
30 août 2008 à 10:19
Bonjour Madame Ravary,
Je travaille dans une bibliothèque et nous recevons Châtelaine. Je le consulte toujours et plus particulièrement la chronique livre de Mme Monique Roy, ceci fait parti de mon travail (hé oui j’ai la chance d’être payée pour ma passion). J’irai acheter le nouveau numéro demain car je suis trop impatiente pour attendre la livraison à mon travail. Vous avez pris un virage qui me ravi. Après lecture je vous ferai mes commentaires.
Vous êtes une femme qui ose et c’est très bien ainsi.
Denise Groulx a écrit :
31 août 2008 à 8:11
Madame Ravary,
Ca fait longtemps que je ne vous ai pas visité sur ce blogue. Y a pas que Châtelaine qui a changé de look… vous aussi, si j’en crois la page d’accueil de votre site internet.
Vous étiez jolie, vous êtes belle! Magnifique même.
N’est-ce pas David?
Bonne journée et je lis vos billets dans ma revue préférée.
Paul Laurendeau a écrit :
31 août 2008 à 8:14
Bravo. La crise du narcissisme contemporain est en marche…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/31/un-narcissisme-masochiste-ou-plutot-un%E2%80%A6-un-hedonisme-contraint/
Ces changements sont sains.
David Bérubé a écrit :
31 août 2008 à 9:09
Oui Denise, très mignonne avec son nouveau look dame Ravary. Pas l’air d’une fausse tite jeune passé date, juste correct pour son age. C’est authentique mettons.
Eille, il y a pas longtemps, j’ai rêvé à vous Lise Ravary. Un rêve correct là, okay. J’suis pas un jeune vicelard quand même.
J’aurais aimé ça le voir le nouveau magazine, je vais me le faire réserver. Bien moi quand j’étais au Canada et que je le lisais assez souvent le châtelaine, j’aimais pus beaucoup ça à la fin. J’avais plus l’impression de lire un 7 jours ou un lundi. Trop sur les artistes. Je le lisais à la biblio du centre-ville d’Ottawa, gratuit.
Ça, si ça a changé les potins sur les artistes, ça serait bien. Les autres magazines s’en chargent. Châlelaine peut aller plus loin que ça que de faire savoir aux femmes
que t’elle ou t’elle artistes hallucine bien gros sur le livre le secret, comme exemple, ou qu’elle se garde beaucoup de temps avec ses enfants et que son resto préféré est à t’elle place. Mais j’enlève pas les chroniques de fond qui étaient de qualités. Je lisais le billet de Lise.R.. Genre truc comme ça.
Content que Josée Blanchette et l’autre dame là, j’oublie son nom, désolé, celle qui est amoureuse encore de son mari Raoul, et leur gamins, mais qui à de l’irritation mêlé d’impatience contre eux des fois, et Raoul passe ti peu au cash, mais elle l’aime gros son Raoul nounours par exemple.
C’était très bon comme sujet souvent, et drôle malgré sûrement une vérité dans tous cela. Je l’ai découvert dans le tard cette dame-là, je pensais qu’à tripait juste bébé. Par la suite, j’ai relu les vieux magazines de ses articles, j’ai beaucoup apprécié.
Boulot oblige now, S’lut. Soyons heureux.
David Bérubé.
Recto-Verso a écrit :
31 août 2008 à 1:46
Quelle bonne nouvelle!
Surtout à ce prix de lancement 1.99 $
Moi aussi je suis abonnée, moi, non plus, je ne peux attendre le facteur! Pour 2$ je vais me régaler plus tôt.
Même si mon amie Yvette, historienne, qui travaille à Bibliothèque et Archives Canada, après avoir travaillé à Patrimoine canadien, m’a envoyé le lien suivant.
http://www.patrimoinecanadien.gc.ca/div-dis/grant-contribution/detailslist_f.cfm?sDate=2006-01-01&eDate=2006-03-31
Mon amie Yvette m’a informée que Rogers Media, même s’il est milliardaire, avait reçu en 2006 près de 2 MILLIONS DE DOLLARS EN SUBVENTIONS.
Bof, le magazine est beau et bon, d’autres plus torchons sont subventionnés aussi.
Mais donner 2 millions à une entrerpise qui est milliardaire, je me pose des questions. Et vous?
Et Dutrisac, va falloir l’attacher, sinon il va faire couler le gros navire.
Liza a écrit :
1 septembre 2008 à 2:47
Lise, je viens de t’entendre à la radio avec Benoit Dutrisac. Tu disais que tu étais contente d’avoir un moule de femme différent: celui de la femme qui n’est pas à gauche et gentille…
Je suis pas mal à droite… gentille pareille! hahaha
J’espère que les critiques seront bonnes pour le nouveau Chatelaine. Provoquant! wawww!
francine a écrit :
5 septembre 2008 à 8:45
Bonjour je n’écris jamais…
sur le web..
Mais comme j’ai passé l’après-midi avec ma revue, je me sentais le besoin de vous féliciter..
C’est la seule revue que je recois depuis bientot 10..et jamais je n’achète d’autre revue…
Exception parfois pour Oprah…
Félicitation..a toute votre équipe qu’on a pu voir la binette…
Le blogue de Hélène Matteau » Blog Archive » Bilan d’été 2 (Pingback) a écrit :
7 septembre 2008 à 1:44
[…] on a travaillé à recentrer le magazine. Vous avez vu ou verrez bientôt le résultat. Lise Ravary vous l’a présenté en détail. Moi, j’ai envie de vous raconter pourquoi il a changé […]
Valérie Laflamme-Caron a écrit :
23 septembre 2008 à 10:10
Pardon?
Réponse à Lise Ravary
Par Valérie Laflamme-Caron
Le mois dernier, Lise Ravary s’est fait un devoir personnel d’abolir le Conseil du Statut de la Femme. J’aurais sans doute pu l’appuyer dans cette voie, si son projet avait été porté par des valeurs humanistes. Malheureusement, je n’y ai trouvé que déresponsabilisation, mépris et ignorance.
En effet, Lise Ravary débute son article en mentionnant les publicités sexistes d’autrefois, «des choses qu’on ne voit plus ici aujourd’hui.» Pardon? Des choses que l’on ne voit plus aujourd’hui? Cette première énoncée est complètement absurde et déconnectée de la réalité. Le sexe n’a jamais été aussi présent dans l’espace public qu’aujourd’hui. Si les images explicites sont réglementées et censurées, on ne peut nier que le second degré se fait aujourd’hui vicieux. Coors Light se dit «pour l’égalité du sexe : une fois chez lui, une fois chez elle». American Apparel propose régulièrement de nouvelles publicités porno chic. Je ne sais pas dans quel bulle vit-elle, mais il me semble que nous ne vivons pas dans le même univers. Je me rappelle encore l’année dernière où, à l’Université, nous avions été invitées à participer à un party Playboy en nous déguisant en stéréotypes ou en bunny. Les hommes pouvaient aussi participer, ils avaient la chance de pouvoir se présenter en super pimp. Non, on ne retrouve plus de calendrier Pirelli. Par contre, annuellement, la station CHOI radio X propose une campagne de promotion fondée sur la création d’un calendrier de pitounes, où chacun est libre d’y admirer la girl next door de sa région. Toutes celles qui se ruent afin de poser gratuitement pour cette campagne publicitaire sont sans doute libres, adultes et autonomes, mais cela n’empêche que chaque fois que je dois aller au dépanneur, je suis confrontée à cet énorme calendrier. Heureusement, ça ne dure qu’un mois par année. Et personne n’a été dupé, puisqu’on répétait sans cesse sur les ondes que si «ça ne pend pas jusqu’au nombril», il est inutile de s’y présenter. J’ai pensé me procurer le magazine Châtelaine pour y puiser quelques conseils de beauté, mais j’ai préféré laisser tomber. Oui, les temps ont vraiment changé, depuis les années 1970 et 1980.
Lise Ravary poursuit son éditorial en critiquant le rapport du Conseil du Statut de la Femme, «ramène des théories datant de 1975 sur la socialisation par les pairs». Décidément, elle ne sait pas que la théorie sociale, ce n’est pas comme le rose, ça ne change pas selon les saisons. Mon adolescence n’est pas très loin derrière moi. Je me rappelle encore l’été de mes douze ans. C’est l’été où j’ai, pour la première fois, hésité à mettre des shorts parce que j’avais encore du poil sur les jambes. Oui oui, du poil sur les jambes. Ça avait fait scandale dans mon cercle d’amies. Pourtant, ma mère m’avait transmise de bonnes valeurs. J’étais épanouie dans plusieurs domaines. Il faut croire qu’à un certain âge, les pressions de l’environnement sont plus importantes que les limites imposées par les parents. Surtout lorsque ces pressions sont exprimées dans TOUS les magazines lus par les jeunes. Oui, madame Ravary, TOUS les magazines féminins sont coupables de montrer une image dégradante de la femme. À l’exception sans doute de la Gazette des femmes, publiée quelques fois par année par le CSF. Et d’Authentik, créé par un groupe de jeunes en réaction à des magazines comme le vôtre.
À une époque où il est de bon ton d’exprimer de la pitié à l’égard de l’Orient, j’avoue ne pas avoir été surprise de lire qu’«en Iran et en Arabie saoudite, où l’espace public est asexualisé, ces problèmes n’existent pas.» Oui, et alors? N’a-t-on que deux choix dans la vie, la chasteté ou la pornographie? La Vierge ou la Putain? Il me semble que madame Ravary manque d’imagination. Sans doute est-ce pour cela qu’elle semble trouver normal que certaines personnes aient besoin de recourir à des stéréotypes créés par la pornographie pour mettre du piquant dans leur vie de couple.
Puis vient l’énumération de quelques uns des symptômes de l’hypersexualisation. Lise Ravary en appelle aux parents afin qu’ils mettent un frein aux désirs de leurs enfants. Soit. Mais qu’elle soit conséquente et cesse de véhiculer ces désirs à travers son magazine, composé à 40 % de publicités. Les médias doivent être responsables vis-à-vis des discours qu’ils produisent. Il est absurde de laisser les parents gérer individuellement ce qui relève en fait du social. S’ils doivent effectivement être plus présents auprès de leurs enfants, je crois qu’il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Plusieurs industries profitent de l’hypersexualisation. Ces industries ont beaucoup plus de ressources à canaliser dans la rééducation des enfants que les parents concernés. Omnikrom aura beau être interdit à la maison, Omnikrom passera à la radio étudiante, à la télévision, dans les boutiques… Sinon, ce sera Black Taboo, TTC, Girlicious, les Pussycat Dolls, 50 cent, Britney Spears, les Joalliers, etc. Si elle n’interdit pas la télévision avant 21 h, ce sera Loft Story, Girlicious (elles sont partout!), Génération Séduction et j’en passe. Il reste encore les cinémas. Même si elle interdit le visionnement de films tels Sorority Boys, rien n’empêchera sa fille d’être invitée par le biais de publicité à se faire grossir le point G. J’espère que Lise Ravary a beaucoup de temps à passer aux côtés de sa fille… Je crois avoir démontré que devant l’ampleur du phénomène, prôner des solutions individuelles serait absurde. Nous avons le choix entre mettre des œillères à la jeunesse ou modifier les messages qui sont envoyés dans l’espace public. Avons-nous oublié qu’il y a à peine vingt ans, il n’était pas normal de trouver dans l’environnement autant de références à la sexualité? Avons-nous oublié qu’avant que le ne sexe devienne le sujet principal des divertissements destinés aux jeunes, ceux-ci étaient porteurs de changement? Aujourd’hui, ils se noient dans la connerie.
Oui, le rapport du Conseil du Statut de la Femme a été subventionné. Il n’aurait pu en être autrement. Effectuer un bon travail de recherche demande des ressources en terme de temps et d’argent. La solution de rechange que propose Châtelaine est déconnectée de la réalité. Comment un conseil composé d’on ne sait qui (des sages proposés par le biais d’un site Internet) pourrait-il effectuer en profondeur une réflexion sur les rapports de genres et ce, en trois jours? Lise Ravary n’est pas la seule à avoir dénoncé les conclusions du Conseil du Statut de la Femme et par le fait même, le Conseil en tant que tel. Serait-ce parce que ce rapport à justement atteint sa cible? Serait-ce parce que celui-ci pourrait nuire à la prospérité de Châtelaine? Je laisse le bénéfice du doute à la directrice. Cependant, je me demande qui pourra encore faire face aux médias. Les chaires universitaires d’études féministes effectuent ce type de travail, mais les résultats de leurs travaux restent souvent coincés dans un cercle d’initiées. Le Conseil du Statut de la Femme (ou éventuellement, un Conseil du Statut de la Personne calqué sur le premier) permettait justement de porter ces réflexions au sein de la population en général.
Je suis pour un féminisme humaniste. J’aimerais que les êtres humains, quelque soit leur sexe, puisse échanger et accueillir l’expérience de l’Autre. J’aimerais croire en la bonne foi de Lise Ravary, mais son discours invite tant au désinvestissement du social que je ne peux la suivre. On ne peut espérer bâtir quelque chose de positif en se fondant sur la déresponsabilisation collective, le mépris et l’ignorance, caractéristiques sous-jacentes aux propos tenus par la directrice de Châtelaine.
Johanne St-Amour a écrit :
23 septembre 2008 à 12:01
Bravo Madame Laflamme-Caron. C’est punché et tellement vrai !
Céline Lemay a écrit :
23 septembre 2008 à 4:16
Je crois que la position anti-CSF n’est pas nouvelle. C’est l’aboutissement d’un “backlash” des années 1990. C’est malheureusement à la mode mais ça ne permet pas nécessairement d’avancer.
Dommage. J’avais fait cesser mon abonnement il y a de ça plusieurs années. Ce n’est pas une nouvelle apparence qui
qui va ne faire croire à un changement.
Johanne St-Amour a écrit :
23 septembre 2008 à 4:50
Quand Dutrizac dit à la page 38 du châtelaine du mois d’octobre dans son petit mot “Les gars, ramassez-vous !” : “Les féministes intégristes leur rappellent sans cesse qu’ils sont des violeurs potentiels”, peut-il expliquer qui sont ces féministes intégristes et quels sont leurs propos exactement ? Un peu de rigueur SVP !
Micheline Carrier a écrit :
24 septembre 2008 à 7:10
Madame Christine St-Pierre
Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine
Édifice Guy-Frégault
225, Grande Allée Est
Bloc A
1er étage
Québec (Québec)
ministre@mcccf.gouv.qc.ca
Madame la Ministre,
Depuis juin dernier, le Conseil du statut de la femme, ses travaux sur l’hypersexualisation et la personne même de sa présidente font l’objet d’attaques de la part de gens des médias, et ces attaques apparemment concertées n’ont rien à voir avec une critique journalistique honnête. Il n’est pas superflu de souligner que les attaques les plus agressives proviennent de blogueurs et de blogueuses (qui se disent journalistes) au service de médias (Journal de Montréal, Châtelaine) qui tirent profit largement de l’hypersexualisation banalisée au sein de la société québécoise. Ces attaques s’inscrivent dans la mouvance antiféministe que nous connaissons depuis quelques années et qui vise à arrêter la marche des femmes vers l’égalité. Pour nous en convaincre, il suffit de les entendre répéter que l’égalité est chose acquise alors que, tout autour de nous, nous constatons que ce n’est pas le cas, en dépit des progrès tangibles accomplis vers cet objectif depuis plusieurs années.
Les plus récentes attaques contre le CSF proviennent de la directrice du magazine Châtelaine qui, comme des masculinistes en 2004-2005, demande l’abolition du Conseil du statut de la femme et suggère d’y substituer une sorte de club mixte qui se réunirait pendant trois jours, une fois l’an ( !), “pour dresser une liste des enjeux de l’heure dans les relations entre les individus – hommes-femmes, hommes-hommes, femmes-femmes – et ce, dans une perspective de justice et d’égalité des chances pour tous.”
Une telle proposition révèle chez son auteure de la mauvaise foi ou une ignorance certaine du travail pionnier du Conseil du statut de la femme en matière d’égalité “des chances”, comme elle le dit, ainsi que du rôle historique du CSF dans l’avancement des Québécoises au cours des trois dernières décennies. Que le Conseil du statut de la femme soit imparfait et qu’il n’ait pas toujours répondu aux attentes de tout le monde, nous en convenons et nous l’avons nous aussi critiqué à l’occasion. Mais s’il fallait éliminer des organismes et des institutions sur ces seuls critères, plusieurs devraient disparaître sur-le-champ, à commencer par les magazines qui travaillent à l’encontre des objectifs de promotion de l’égalité, - raison d’être du CSF et du féminisme -, objectifs qui reçoivent l’adhésion d’une majorité de Québécois et de Québécoises.
Madame la Ministre, nous vous demandons de rejeter catégoriquement et publiquement les prétentions de la directrice de Châtelaine, Lise Ravary, et des personnes qui la soutiennent dans son travail de sape : Lise Ravary ne représente en rien l’opinion majoritaire des femmes québécoises, elle représente son employeur et elle-même. Nous vous demandons ainsi qu’à votre gouvernement de réitérer publiquement votre appui au Conseil du statut de la femme et au mouvement féministe qui luttent sur tous les fronts pour améliorer la condition des femmes québécoises.
En 2004, nous avons mené une campagne contre ce genre de proposition dont le résultat a abouti à une pétition de plus de 5000 signatures d’hommes et de femmes, pétition présentée à la ministre de la Condition féminine d’alors, à l’Assemblée mationale. S’il le faut, nous reprendrons le combat. Nous ne laisserons pas la mauvaise foi ou la malveillance, l’ignorance et les intérêts financiers détruire des institutions que les femmes ont acquises de hautes luttes afin d’obliger l’État à prendre en compte la discrimination systémique à leur endroit et à mettre en place les mesures pour y rémédier.
Après le Conseil du statut de la femme, qui les médias interpellés en raison de leur exploitation éhontée des femmes et des jeunes filles essaieront-ils de faire taire ?
Veuillez accepter, Madame la Ministre, nos salutations distinguées.
Micheline Carrier et Élaine Audet,
Éditrices de Sisyphe.org et des éditions Sisyphe
Près de 300 personnes ont signé cette lettre en ligne.
http://sisyphe.org/spip.php?article3069
Mariette a écrit :
24 septembre 2008 à 8:00
La directrice de Châtelaine s’en prend au CSF? Martineau aussi, et son blogue est annoncé à droite sur cette page… Coïncidence ou convergence? Mme Ravary s’en prend au salaire de la présidente du CSF. Je serais curieuse de savoir quel est le salaire de Mme Ravary.