Aucun lien entre les deux. Juste un titre racolleur.
Parce que demain midi je déjeune avec Patrick Bruel. Faudrait pas que j’oublie de respirer…
En préparation, je suis allée voir Un secret, son dernier film, un film de Claude Miller. Une histoire d’amour sur fond de guerre, de nazisme, de la Shoah. Un film bouleversant qui connait un grand succès en France. Mais pas ici.
Pourtant, pour tous ceux qui se gargarisent du ‘nous’, c’est un autre rappel de ce qui nous guette au bout du chemin marqué ‘nous’ quand il bifurque du chemin marqué ‘eux’.
Autre temps, autre peuple, autre réalité que la nôtre certes, mais le chemin marqué ‘eux’ a porté six millions de fois des noms comme Auschwitz-Birkenau, Belzec ou Treblinka pour les juifs européens. Jamais cela n’arriverait ici, je ne le suppose pas. Mais l’idée de ‘nous’ et de ‘eux’ m’est détestable.
Et j’ai trouvé le livre de Lisée bâclé, mal écrit. Superficiel.
Quoiqu’on dise, le ‘nous’ me donnera toujours froid dans le dos. Nous vivons une crise aïgue de ‘nousbrilisme’.
Mais bon Dieu qu’il nous remue ce ‘nous’ ces jours-ci. On en est rendus au ‘nous’ catholique. Les excuses de Mgr Ouellette, remarquables dans le contexte d’une église millénaire qui avance à pas de tortue, ont suscité d’étonnantes réactions. On croirait que les Croisés de Godefroy de Bouillon sont aux portes du Québec moderne pour imposer la religion dans tous les recoins de notre société. Voyons donc ! On est pas à l’aube d’une guerre de religion. On prend une grande respiration.
Tant que la majorité ne voudra pas de la religion à l’école, il n’y aura pas de religion à l’école.
Et malgré les effluves de nostalgie pour une époque plus simple ou le bien et le mal étaients clairement définis et sanctionnés par un code religieux, le Québec n’a aucun goût pour le retour de la Grande Noirceur.
Prétendre le contraire témoigne d’une très mauvaise foi, si vous me pardonnez le jeu de mot.
Mais, imaginons un instant que tous ces Québécois qui disent croire en quelque chose - la majorité si je ne m’abuse - décidaient demain matin de faire un retour à l’Église de leur enfance, abandonnant au passage les crystaux, Le Secret, le bouddhisme-sauce-à-poutine et autres spiritualités à la carte qui foisonnent chez nous depuis 30 ans, que se passerait-il ?
Si les croyants, quand même pas tous des imbéciles finis, disaient haut et fort: On en a assez de faire traiter de tarés, que dirait le Québec ? Serait-il un modèle de tolérance ?
Une question comme ça…

