Que la population s’exprime sur la place de la religion, sur les us et coutumes des nouveaux arrivants, sur le multiculturalisme canadien et l’interculturalisme québécois, sur les foulards, les voiles, le couvre-tête juif, les aliments cacher ou hallal, c’est une bonne chose. Bravo ! Qu’on se demande en public jusqu’où tout cela nous mènera, c’est louable et utile.
Que cela fasse sortir les racistes du placard, ça fait partie du ‘deal’. Qu’il y ait des racistes et des xénophobes au Québec, c’est normal, il y en a partout. Pas plus ici qu’ailleurs, et certainement pas plus au Québec que dans le reste du Canada, n’en déplaise au Globe and Mail, (ancien ‘home’ de Jan Wong - d’où elle a été virée, mais en douce, pour ses propos racistes sur le Québec après Dawson.)
Les politiciens et politiciennes par contre me scandalisent dans cette affaire. Quel opportunisme de bas étage. Et je nomme en premier les Libéraux qui ne pouvaient pas attendre le rapport de la Commission pour décréter que le droit à l’égalité entre les hommes et les femmes prendrait le dessus au Québec sur la liberté de religion, courtoisie de la réflexion profonde des féministes d’État, les croisées du Conseil du Statut de la femme.
Dans une Charte de droits et de libertés, il ne peut y avoir de hiérarchie des droits. C’est antinomique. On ne peux pas être plus ou moins protégé selon son sexe ou sa religion ou sa couleur de peau. La liberté de religion dans le respect des lois d’un pays ne peut être limitée par un autre droit. C’est pas juste moi qui le pense, l’ONU aussi.
Imaginons un instant que le Québec veuille interdire le port du voile dans les endroits public en invoquant l’égalité des hommes et des femmes, je vois tout de suite les femmes intenter des recours, invoquant leur droit de libre expression au nom de la même égalité…
J’en viens à la langue. Si je suis ulcérée par les Libéraux, je le suis encore plus par Madame Marois. Après nous avoir dit que le PQ mettait l’option indépendance en veilleuse parce que le peuple n’en voulait pas pour le moment, voilà qu’elle profite de la Commission pour créer de toutes pièces une nouvelle crise linguistique qui n’existe pas. Comme si le peuple avait souhaité cela en échange.
Qu’est-ce que le français vient faire dans les accomodements raisonnables ? A part les accomodements qu’on accorde aux étudiants et à certains professeurs dans les institutions d’enseignement du Québec et même les meilleures. Il y a dans ma famille des gens qui ont fait leurs études à Brébeuf et qui savent à peine écrire un français correct. La vraie crise du français au Québec, c’est ça. Avant de forcer les immigrants à ‘maîtriser’ la langue en trois ans, je suggère qu’on force tous les enseignants à le faire. Comment oublier cette récente chronique de Pierre Foglia au sujet d’un prof qui enseigne qu’au Québec on dit et on écrit ‘toutte’ et pas ‘tout’.
Permettez-moi d’être en profond désaccord avec Me Guy Bertrand: il n’y a aucun lien entre les deux. La preuve est facile à faire et tous les chroniqueurs l’ont soulevé: l’imam déporté en Tunisie et qui faisait la promotion de la loi islamique au Québec parle et écrit un français impéccable. En fait, les islamistes du Maghreb qui vivent chez nous, les purs et durs, une minuscule minorité, parlent TOUS un français impéccable. Mieux que nous ! Or, c’est à cause d’eux qu’on se retrouve en plein marasme. Pas à cause de Sako Koivu !
C’est n’importe quoi. C’est électoraliste. On est en plein concours de pâté chinois. C’est à qui cuisine la meilleure bouillie québécoise.
Et Super Mario dans tout cela ? Il aura eu au moins le mérite de ne pas se servir de la Commission pour se faire du capital politique: il l’a fait avant. C’est mieux. Ou après. Pas pendant: c’est un détournement d’opinion publique. Mais c’est lui qui a jetté de l’huile sur le brûlot de Hérouxville…
Et lorsqu’on propose à un peuple de se draper du ‘nous’, je tremble. Le ‘nous autres’, c’est une machine à opprimer ‘eux autres’. Il ne manque que des têtes brûlées et des circonstances économiques difficiles pour que tout dégénère. Et ça va si vite. Parlez-en aux Bosniaques. Quand on propose de ‘forcer’ qui que soit à faire quoi que ce soit, je me tire, je me barre.
Et si jamais la proposition d’une citoyenneté québécoise prenait racine (ce qui est impossible sans pays), rappelons-nous l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme:
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis.
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Une dernière observation: il n’y a que les sociétés riches pour créer des crises là où il n’y en a pas. Et j’ajouterais ‘des sociétés riches et irresponsables pour créer des crises artificielles tout en refusant d’agir pour régler celles qui existent déjà.’
L’environnement, par exemple.


