Nous sommes allés au salon funéraire cet après-midi. Le père d’une amie est décédé très rapidement suite à un cancer fulgurant. Tout s’est passé rapidement. Personne n’avait envisagé ni de près ni de loin cette éventualité.

Personne n’a cru que que le grand Faucheur passerait si vite.

Je les ai vus, au salon, avec leur peine, ce vide instantané qui nous rammène si abruptement à la réalité. Qui nous fait réaliser l’importance du moment présent. De tous ces moments que nous passons avec ceux qu’on aime ou que nous aurions voulu passer. Ce goût amer, peut-être du : j’aurais dû lui dire… j’aurais dû…

Mon amour et moi faisons la marche des condoléances. On sert des mains, on donne des accolades en espérant leur donner un peu d’amour. C’est fou comme on se sent impuissant devant la mort.

Ce sentiment inconfortable de ne pas avoir les bons mots. J’aurais tant voulu te prendre dans mes bras, chère amie, quand en pleurant tu m’as parlé de ton père… Mais l’humain étant ainsi fait, je ne me suis permis que de mettre ma main sur ton épaule.

Oui, je veux bien croire que c’est le cercle de la vie, mais il y a quelque chose d’indécent de voir un être qui était autant aimé de sa famille et de ses amis s’en aller…

On me présente la femme de cet homme trop vite parti.

- Enchantée, Madame. Mes condoléances.

- Merci. C’est toi, Nathalie. Je te trouve courageuse. Tu es une femme forte, qu’elle me dit.

Je la regarde droit dans les yeux et je ne sais que dire. Une dame d’une grande classe, droite comme un chêne et belle comme une rose. Je dis tout simplement merci et nous continuons la discussion sur la façon injuste dont son amoureux l’a quitté. Ils étaient mariés et extrêmement heureux depuis 45 ans.

Madame, c’est vous la femme forte et courageuse. Vous avez accompagné votre mari jusqu’à son dernier souffle.

L’amour pour toujours ? Oui, Madame, j’y crois quand je vous écoute parler de votre homme. Vos yeux ne peuvent mentir et j’ai vu tout au fond de votre âme le grand, le véritable amour qu’une femme puisse offrir à son homme.

La dernière personne à qui nous parlons est la maman de la petite dernière de la famille. Une belle petite fille, même pas deux mois, qui n’aura pas la chance de connaître un merveilleux papy ! Mais je suis certaine que toute la famille saura lui raconter de belles histoires dont le héro est un grand-père extraordinaire qui aurait tant aimé la connaître.

Le cercle de la vie, comme je vous disais. Une petite dont les souvenirs sont à construire, et l’autre, dont les souvenirs sont à chérir.

Une belle histoire d’amour que cette famille.

Et moi, je vous dis : Y’A JUSTE ÇA QUI COMPTE, L’AMOUR.

Mon coeur et mes pensées sont avec vous.