Archives de : décembre, 2008

Cadeau

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Au moyen-âge, un cadeau, c’était «un divertissement qu’on offrait à une dame». Changement d’époque, la dame, en l’occurrence moi-même, vous offre aujourd’hui un divertissement. Sous formes de sites plaisants et instructifs.

C’est votre cadeau de Noël, bande de chanceux-chanceuses! De quoi vous amuser pendant le temps des fêtes.

 

1. Merci, professeur. Voilà le site d’une émission de télé, présentée sur TV5, que ma collègue Anna m’a fait découvrir et qu’elle adore. Comme d’ailleurs Marie D. que je salue.

BernARD VERQUIGLINI 

Le linguiste français Bernard Cerquiglini est un bonhomme passionné, drôle, et un professeur superchevronné. Il présente des capsules sur la langue, en intégrant abondamment les réalités régionales de toute la francophonie. De la rectitude, de l’étymologie, des recoupements et des regroupements. Bref, élargissant. Vous consultez Les mots du professeur, à droite, et vous y allez au pif, c’est toujours étonnant. Essayez Achaler, Gageure, Sur,Tantôt, Au Québec, en Belgique, À c’t'heure, Entendre. Et il y en a plein plein d’autres.

 

2. Rabaska multimédia Vous trouverez là les chroniques du linguiste québécois Serge Fournier. Elles se sont interrompues en 2004, mais on s’en fiche (enfin… prions pour que le site reste accessible longtemps). C’est riche riche riche. Si vous aimez l’histoire, les anecdotes, les mises en contexte (en texte) de mots et d’expressions québécoises, vous vous régalerez. Vous verrez, y a plusieurs entrées qui font très «trad», très «temps des fêtes».

Allez en bas à gauche, et déroulez LEXIQUE QUÉBÉCOIS. 

 

artistes et pédagogues

3. Le dictionnaire Littré, édition fin du 19e siècle. Pas joli joli, monsieur Littré (1801-1881). Mais c’était une espèce de génie. Un intellectuel étonnant. Scientifique, historien, philologue, lexicographe, philosophe, homme politique, il a écrit plein de bouquins savants dont le célèbre Dictionnaire de la langue française.

littre

Si vous goûtez les références littéraires, vous aimerez particulièrement, parce que cette édition est bourrée de citations. Naturellement, ne cherchez pas «ipod», mais allez voir ce qu’était un ORDINATEUR au XIXe siècle. Vous n’avez qu’à passer par Requête Rechercher (à gauche).

Vous êtes gourmand gourmande et vous voulez plus plus de chroniques de langue ? Allez consulter les suggestions de  l’Office québécois de la langue française.

Joyeux Noël !

Vraiment joyeux, avec beaucoup de fous rires et une belle retombée en enfance. Quand on savait jouer, vous vous souvenez ?

Perceptions

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Je sais, je sais, je vous parle souvent politique. Je suis censée parler langue. Mais, justement, j’ai pris quelques notes linguistiques au cours des dernières semaines. Voici deux exemples où le choix d’un simple petit mot illustre éloquemment des perceptions différentes ou même divergentes.

Le soir du 8 décembre, Jean Charest et Pauline Marois ont tous deux remercié, à l’issue des élections, les gens qui ont travaillé pour eux pendant la campagne. Jean Charest a félicité ses «bénévoles», et Pauline Marois ses «militants». Voilà qui en dit long sur la façon dont les supporters sont perçus dans l’un et l’autre camp, non ? Dans le premier, ce sont, dit mon vieux Robert, des gens «bienveillants» et «qui ne coûtent rien». Dans le second, des «membres actifs», et «qui luttent pour défendre une cause, une idée.» Vous entendez la différence ?

De même, quelques jours plus tôt, et ça, plusieurs commentateurs l’ont fait remarquer, Stephen Harper, dans son discours télévisé, avait parlé des «souverainistes» en français et des «separatists» en anglais. Deux langues, deux points de vue. 

Instructif, je trouve.

Maudit hiver-re

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Vous croyez que je me plains ? Jamais de la vie : je rage. Contre personne, puisque c’est la faute à personne. Juste contre les faits. Presque quatre heures, hier soir, pour faire le trajet entre le bureau et la maison (au lieu de 45 à 60 minutes normalement)!

Que voulez-vous, comme disait Jean Chrétien, j’avais la voiture. C’est TRÈS TRÈS exceptionnel que je prenne la voiture, ça ne pouvait pas tomber plus mal, mais c’était comme ça. J’ai donc décidé de prendre ça cool. J’ai écouté la radio en mâchant de la gomme. J’entendais, sur les ondes, d’autres automobilistes raconter leurs histoires d’horreur; elles me semblaient toutes pires que la mienne et ça me consolait. Je me sentais solidaire. Et puis, aussi, assez fière de traverser victorieusement la neige, la pluie, des grêlons gros comme mon poing, le grésil fin qui ne finissait pas de grésiller et, en guise d’accueil, une fois bien rendue et bien garée chez moi, la glace, hypocritement dissimulée sous 15 centimètres de neige à bonhomme.

Mais dieu que j’étais claquée. J’ai ouvert la télé : c’était des voitures à la queue leu leu sur des kilomètres et des kilomètres. Trop c’est trop. Je suis montée dormir. Mais ma rage, elle, s’est réveillée.

Oui, je m’en confesse, «j’haghis l’hiver-re. Maudit hiver-re»*. Et je l’ai raghis ce matin, en attendant mon autobus (en retard d’une demi-heure), perchée, comme un coq verglacé au bout d’un clocher, sur un rempart de trois pieds de neige brunasse dégueulassée par les sploutches des voitures qui passaient trop près trop vite.

Vous savez quoi ? On annonce encore de la neige pour demain. Et pour après-demain. Dire que ça ne fait que commencer. Pourquoi donc ne vis-je pas sur une île estivale et végétale au milieu des p’tits oiseaux et des clapotis des p’tites vagues ?

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 Photo Math

 Ce qui pourrait me dérager : la pleine lune. Ce soir, c’est la plus grosse de l’année. Si je sors mes jumelles, peut-être que je verrai le bonhomme-dans-la-lune **… en train de pelleter de la neige ?

*Paroles de Jacqueline Barrette chantées par l’inérarrable Dominique Michel.

** Sur les légendes, dont celle du bonhomme, en rapport avec la lune. Je ne sais pas ce que vaut vraiment ce site, mais c’est amusant.

Le devoir

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Il semble bien que la lassitude, le cynisme ou la colère de beaucoup beaucoup d’électeurs risque cette fois-ci de les décider à rester chez eux au lieu d’aller voter. Or, de quelque manière qu’on analyse la chose, c’est un mauvais calcul. 

Mais ce qui me turlupine le plus, c’est qu’on semble oublier que voter, c’est pas seulement un droit dont on peut ou non se prévaloir, un cadeau qu’on peut accepter ou refuser. C’est aussi un devoir. Envers soi-même, les autres et la démocratie. 

Un devoir, ça ne donne pas le choix. Alors, même si le spectacle politique n’excite pas fort fort sa fibre citoyenne, on va au bureau de scrutin dire officiellement qu’on préfère s’abstenir, qu’on n’a envie d’accorder sa confiance à personne. (Ou on donne sa voix à un parti qui ne peut pas accéder au pouvoir mais qu’on respecte.)

C’est comme ça qu’on peut le mieux passer son message. Comme ça qu’on se tient debout. Pas en lâchant les autres.

La démocratie 

Photo :www.austincondoscentral.com  

La démocratie, c’est comme un condo. On n’est pas tout seul dans l’immeuble. On a peut-être le droit de l’habiter et de l’aménager ou pas, mais en acceptant d’en être copropriétaire, on a le devoir de participer à l’entretien de tout le bâtiment. Sinon, il se dévalue; et tout le monde y perd. 

P.S. : WinkEn période d’élections, la maîtresse d’école qui sommeille en moi gigote au point de se réveiller. Scusez-la! Et allez voter !

Les puces

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Jeudi, demain, retour au boulot. Après trois semaines de vacances. À ne faire rien que de petites choses, vous savez, celles qui trépignent au bas de la liste des «faudrait ben que je». Agréables choses jamais franchement nécessaires, jamais urgentes, dont le mérite principal est de vous donner le choix de perdre ou ne pas perdre votre temps (et vos sous). J’appelle ça les indispensables accessoires.

Comme se procurer enfin la table de travail qui lançait des oeillades chaque fois qu’on ouvrait le catalogue Ikea. Enfin entamer la pile de livres en équilibre douteux sur le dessus de la bibliothèque. Partir s’attarder quelques heures à Québec autour d’un brunch goûteux avec la moitié des rejetons et leurs rejetons. Puis s’échapper sous la neige à Chicoutimi — oui, merci, belle-maman se porte toujours à merveille. Aller au cinéma en plein après-midi. Classer ses photos. Ou flâner dans quelque grande surface au milieu du débordement débile de millions d’aubaines de bebelles et se faire l’intime et succulent cadeau de ne rien acheter du tout.

Débordement de bebelles : c’est l’expression qui me monte à l’esprit pour résumer ces dernières semaines de campagne électorale. Imaginez le tableau : sur fond de cacophonie fédérale, trois marchands provinciaux tout fiers d’eux étalant leur vieux stock au marché aux puces de la démocratie. Pour dénicher une ou deux trouvailles, le pauvre client doit farfouiller dans tout un tas de concepts périmés et parfois dangereusement bancals.

 

Photo : webiane.canalblog.com/images/puces1 

Me semblait que l’urgence, c’était de mettre au point un plan assez dynamique pour contenir la crise financière et assez visionnaire pour stimuler et maintenir par la suite la prospérité collective. Il est où, ce plan ? Qu’est-ce qu’on a prévu pour ralentir ou compenser les fermetures d’entreprise ? les pertes d’emploi ? la dévalorisation des actions ? la fonte des intérêts ? De distribuer quelques cent piastres dans les familles pour leur permettre de manger comme du monde une fois dans l’année ou d’acheter plus de bebelles en solde pour faire rouler l’économie ? Expliquez-moi, quelqu’un.

Finalement, j’ai voté par anticipation, de crainte d’avoir trop la nausée le 8 décembre pour avoir envie d’exercer mon droit (et mon devoir) de citoyenne.

J’ai fait ce qu’il me fallait faire. À défaut du meilleur, je me suis embarrassée du pas-pire.