Pourquoi, dites-moi, joue-t-on les hymnes nationaux au hockey ? Est-ce que les équipes représentent leur pays ? Me semble que leurs noms sont plutôt associés à des villes : les Canadiens de Montréal, les Choses de New York, les Trucs-Trucs d’Edmonton… On se croirait aux Jeux olympiques! C’est-y ça qu’on appelle de l’enflure ?
Cela dit avec un sourire, j’étais devant le petit écran comme 77 % des Québécois lundi, jour de victoire. La joie. Futile, bruyante, innocente, incongrue (sinon cruelle quand on pense à toutes les souffrances de ce monde. M’enfin. Des fois, j’imagine que la rondelle est une mine antipersonnel, c’est mon genre, ça… ), mais la joie, simplement ! Alors, dites-moi, pourquoi y a des casseurs stupides qui la cassent, cette liesse sans malice ? C’est comme dans les fêtes de famille. On s’amuse, on rit, tout roule, pis tout à coup mononque Pit se met à faire du grabuge. Le con.
Quelques jours avant, pendant que nous effervescions déjà, toute fébrilité battant au vent sur nos chars, tombait de la radio du matin, l’air de rien, la nouvelle que notre gouvernement contrevenait hardiment à sa Charte de la langue française en correspondant en anglais avec nos entreprises. En somme, notre gouvernement marquait dans son propre but ! Pas trop d’analyse là-dessus dans nos journaux les jours suivants et rien du tout, il va sans dire, dans mon journal d’entrefilets du métro. Si ça c’était passé au hockey… Mais les z-habitants ne sont pas tous sur la glace !
Robert Dutrisac et Michel David, du Devoir (lisez-les, ils expliquent ça très clairement) ont heureusement gardé l’esprit alerte. Sinon, ça nous glissait sur la conscience politique comme une lame sur la patinoire. Pourtant, pensons-y deux minutes: notre gouvernement agit en toute illégalité. Ce n’est pas rien ! Et pas que par erreur ou par inadvertance. Et pas que d’hier. Et pas dans d’anodins documents : on parle entre autres du ministère du Revenu, on parle d’Investissements-Québec, on parle de correspondance soutenue, de formulaires officiels ! «On va faire attention, oui oui, on n’a pas fait exprès, il faut donner l’exemple», patine la ministre St-Pierre, qui l’aime tellement, sa langue, qu’a dit. Bien. Le gouvernement va faire attention. Et le peuple, rassuré, peut retourner gronder sur ses gradins : Go! Habs, Go!
Ma troisième question : si les «arbitres» de l’OLF faisaient leur travail, de combien de minutes de punition notre gouvernement écoperait-il, dites-moi ?
Moi, je le retournerais dare-dare chez les pee-wee. 



