J’ai terminé il y déjà quelques semaines La grande aventure de la langue française (Québec Amérique). J’avais promis de vous en parler. J’ai raté là une belle occasion de tourner sept fois ma langue avant d’ouvrir la bouche !
Comment en effet rendre compte brièvement d’un livre aussi touffu, qui vous trimballe de la Gaule d’avant les Romains au cœur de l’Afrique d’aujourd’hui, des salons des premiers académiciens parisiens aux coulisses de la Francophonie et du centre-ville de Maseru, au Lesotho, aux studios de TV5 ? Qui vous démontre, bilan de santé à l’appui, que le français n’est pas sur son lit de mort, bien au contraire. La thèse est ambitieuse : le français gardera son influence internationale, affirment les auteurs Julie Barlow et Jean-Benoît Nadeau, malgré la domination de l’anglais. Comment ? That is THE question, et ce livre est la réponse.
Je vous la résume : la survie du français passera par l’efficacité des mesures de protection d’une part, de rayonnement d’autre part. Il y a de la diplomatie là-dessous. Et des sous. Car il faut que la langue fasse vivre son homme. Je dirais même plutôt sa femme, puisque c’est par les femmes que la langue se transmet d’abord.
Bon. Ne vous fiez pas à mon résumé fret, net, sec. Le livre est passionnant, je vous jure. Et d’une clarté à faire rougir un laveur de vitres.

Je jauge l’intérêt qu’a eu pour moi un livre à la proportion de marques que j’y ai laissées. Ici j’ai battu des records. Mon pauvre exemplaire de La grande aventure est souligné, étoilé, fléché, cerclé, commenté… (Je vois se dresser sur leur tête les poils des partisans du livre «propre propre propre».) Cette habitude pas jolie m’a cependant permis de dresser une liste de Saviez-vous que… que je vous soumettrai dans les prochains jours. J’aime bien les Saviez-vous que… Si vous ne saviez pas, ils vous apprennent quelque chose. Si vous saviez, vous vous trouvez intelligent !
Un aperçu : Saviez-vous que les locuteurs français sont les champions toutes catégories de la norme ? Qu’ils adorent relever les erreurs de langage, s’interroger sur la justesse d’une expression, sur l’étymologie d’un nom ? Que pas une autre langue au monde ne fournit autant de linguistes amateurs ? Et que ce travers, ou cette caractéristique, comme vous voulez, c’est la faute à l’Académie française ?









