Archives de : septembre, 2007

Le métro

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Tous les jours ou presque, je prends le métro de la maison jusqu’au bureau.

 

Photo Hélène Matteau

 

J’adore le métro. C’est rapide. Pas bien cher. Reposant (je suis du genre à bouillir dans les bouchons).

 

Le matin, y a plein de monde. De tous âges, toutes silhouettes, toutes expressions faciales, toutes attitudes. De toutes couleurs de peau, de cheveux, de vêtements, de coiffures, de parures. Dans le métro on est tous différents. Et tous du même ton : gris vert !

 

La plupart du temps on fait silence, on lit son journal ou bien, les yeux mi-clos, on étire ses rêves de la nuit. Aux stations, on laisse spontanément le passage à ceux qui descendent ou qui montent. On s’accommode les uns des autres parce que dans le métro, on est tous dans le même bateau.

 

Parfois, y en qui se parlent en des langues inconnues que j’essaie de deviner à leur courbe mélodique. Langue asiatique. Arabique. Hispanique. Créole. Européenne de l’Est. Africaine. Le métro est une salle de concert. Au programme : l’authentique world music.

 

Quand je serai vieille et bénévole, j’accompagnerai chaque matin, dans le métro de toutes les couleurs, des gens qui ont peur des gens. Pour leur montrer le monde.

Automne

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Avoir été ou ne pas avoir été,

cher William,

telle n’est plus la question :

l’été a bien été.

 

Eh oui, l’été aura été

comme toi-même as été.

Plus de question à se poser,

On rentre à la maison.

C’est l’automne, William !

Froid dans le dos

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n récent numéro de l’hebdo français Le nouvel observateur titre en blanc sur fond noir : «École Le scandale de l’illettrisme».

Résumé : 40 % des jeunes Français n’arrivent pas à maîtriser correctement leur langue. Le dossier du Nouvel Obs pointe six «raisons du désastre» :

- des méthodes discutables d’enseignement de la lecture ;

- pas assez d’heures de français au programme ;

- un écart énorme entre la langue parlée par les enfants et la langue enseignée ;

- la difficulté du français lui-même – «notre orthographe est l’une des plus difficiles au monde» ;

- des professeurs mal formés ;

- la consommation de plus en plus importante, par l’élève, de l’écran – jeux, télé, ordi.

PleursC’est tout triste, mais on sait déjà ça. C’est exactement comme ici.

 

(À l’évidence, cependant, ce qu’on n’a pas trop l’air de savoir, là-bas comme au Québec, c’est ce qu’il faut faire pour remédier à la situation… M’enfin.)

En réalité, ce qui m’a surtout troublée dans ce dossier, c’est la réflexion d’une directrice d’école. Oui, dit-elle, l’écran rend passif. Mais il y a pire: «L’absorption immodérée d’images ne s’accompagne pas d’une restitution par le langage. L’écran tue le dialogue, le désir de communiquer.» On ne parle plus seulement de passivité ou de paresse intellectuelle, là. On parle d’une conséquence neurologique. D’enfants qui perdraient l’usage du langage.

 

Est-ce moi qui m’énerve ou si ça vous fait froid dans le dos, à vous aussi ?

Inquiet

Mots de gala

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Réjouissons-nous en choeur, enfin l’horrible «nominé», ce bel exemple de mot de trop, est disparu des présentations d’un gala télévisé ! Ça m’énerve toujours un peu quand on (se) tord la langue pour rien. Bravo aux scripteurs des Gémeaux d’hier soir.

Hélas hélas, en s’adressant, je crois, aux commanditaires, l’animateur André Robitaille a confondu, comme de plus en plus de gens depuis quelques années, soutenir et supporter. Ce qui a donné une perle du genre : «Merci de supporter notre télévision». Je suis bien d’accord, notre télévision est en effet parfois insupportable, mais n’est-ce pas gênant de le dire haut et fort un soir comme celui-là ? Sans blague, ça arrive souvent avec les anglicismes. Quand le mot français et le mot anglais ont une origine commune, il finit par se produire une confusion sémantique.

J’émerge !

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La grosse vague festive estivale s’étant retirée, me voici qui reprends mon air, qui reprends mon erre. Un peu grelottante, avec encore quelques grains de sel collés à la peau.

Drôle d’été 2007. Sans vacances, puisque rythmé – j’écrirais routiné, si le mot existait – par le travail, le travail, le travail, et pourtant tout en vacance. Car chaque jour, fidèle et régulière, la marée se couchait à six heures, m’abandonnant le vide.

J’ai donc pu faire le plein. De fêtes allongées et d’escapades, de lectures nombreuses, de présences aussi, de musique un petit peu. Un été chargé et pourtant paresseux, à observer à la brunante, aux côtés d’une belle-maman moqueuse, le voisin d’en face laver et relaver les pneus de sa voiture, et même l’asphalte de sa courette (eh oui, la race des gaspilleurs d’eau n’est pas éteinte. Eau secours !) À écouter Josée-la-verte Blanchette à la radio le dimanche, à flâner dans la foule des festivaliers le soir, à bricoler des marionnettes en bouteilles avec William le Créatif.

 

Et puis j’ai fait des découvertes. Par exemple, qu’il y a deux sortes de parents : ceux qui marchent à grands pas en tirant leurs enfants par la main et ceux qui trottinent gentiment à leurs côtés. Que le métro, l’Expo et le Général, à 40 ans, avaient pris un sacré coup de vieux. Qu’Amos Oz est un auteur proprement génial, c’est-à-dire qui vous fait la générosité tout à la fois de sa mémoire, de son intelligence, de sa parole et de sa culture. Et qu’il existe à Tadoussac un musée rare, le Poste de traite Chauvin : on peut y photographier, toucher les objets et tout est en français.

Redécouvertes aussi. Du plaisir de la photographie. Ou bien, en lisant l’enseigne de L’Idée forgée, une ferronnerie d’art de Saint-Irénée en Charlevoix, d’une expression que je n’entends plus : «se forger une idée». Du boggle (ce jeu de lettres dont les dés, qu’on doit secouer dans leur boîte de plastique pour les redistribuer, font un bruit insupportable), en compagnie de Christophe le Curieux. Et, au marché Atwater, des beaux gros épis de blé d’Inde bien jaunes, oui, rien que jaunes, sans grains blancs, comme avant le nivellement alimentaire par l’affadissement. Nous les avons mangés bien dégoulinants de beurre et bien gorgés de sel. Honteusement hypercholestérolathériosclérosémiques.

 

L’automne peut arriver, je suis parée!

Quelques photos de mon album d’été.

Ciel du parc des Laurentides

Tadoussac sous la brume

L’Anse Saint-Jean

Rue de la Montagne

à Montréal