La grosse vague festive estivale s’étant retirée, me voici qui reprends mon air, qui reprends mon erre. Un peu grelottante, avec encore quelques grains de sel collés à la peau.
Drôle d’été 2007. Sans vacances, puisque rythmé – j’écrirais routiné, si le mot existait – par le travail, le travail, le travail, et pourtant tout en vacance. Car chaque jour, fidèle et régulière, la marée se couchait à six heures, m’abandonnant le vide.
J’ai donc pu faire le plein. De fêtes allongées et d’escapades, de lectures nombreuses, de présences aussi, de musique un petit peu. Un été chargé et pourtant paresseux, à observer à la brunante, aux côtés d’une belle-maman moqueuse, le voisin d’en face laver et relaver les pneus de sa voiture, et même l’asphalte de sa courette (eh oui, la race des gaspilleurs d’eau n’est pas éteinte. Eau secours !) À écouter Josée-la-verte Blanchette à la radio le dimanche, à flâner dans la foule des festivaliers le soir, à bricoler des marionnettes en bouteilles avec William le Créatif.
Et puis j’ai fait des découvertes. Par exemple, qu’il y a deux sortes de parents : ceux qui marchent à grands pas en tirant leurs enfants par la main et ceux qui trottinent gentiment à leurs côtés. Que le métro, l’Expo et le Général, à 40 ans, avaient pris un sacré coup de vieux. Qu’Amos Oz est un auteur proprement génial, c’est-à-dire qui vous fait la générosité tout à la fois de sa mémoire, de son intelligence, de sa parole et de sa culture. Et qu’il existe à Tadoussac un musée rare, le Poste de traite Chauvin : on peut y photographier, toucher les objets et tout est en français.
Redécouvertes aussi. Du plaisir de la photographie. Ou bien, en lisant l’enseigne de L’Idée forgée, une ferronnerie d’art de Saint-Irénée en Charlevoix, d’une expression que je n’entends plus : «se forger une idée». Du boggle (ce jeu de lettres dont les dés, qu’on doit secouer dans leur boîte de plastique pour les redistribuer, font un bruit insupportable), en compagnie de Christophe le Curieux. Et, au marché Atwater, des beaux gros épis de blé d’Inde bien jaunes, oui, rien que jaunes, sans grains blancs, comme avant le nivellement alimentaire par l’affadissement. Nous les avons mangés bien dégoulinants de beurre et bien gorgés de sel. Honteusement hypercholestérolathériosclérosémiques.
L’automne peut arriver, je suis parée!
Quelques photos de mon album d’été.
Ciel du parc des Laurentides
Tadoussac sous la brume
L’Anse Saint-Jean
Rue de la Montagne
à Montréal