Archives de : juillet, 2007

Légèreté

Tous 4 Commentaires »

e vendredi vous arrivez au travail toute concentrée dans votre bulle, une collègue vous appelle. Coup de baguette, vous voilà devant la table mise d’un petit-déjeuner surprise, les Châtelaines vous entourent, vous embrassent, vous déguisent (eh oui, je vous dis pas), vous glissent une enveloppe qui vous forcera (oh ! l’obligeante obligation !) à choisir une p’tite robe chez Simon – merci les filles et J.-Y. et Catherinette-short-cake-aux-fraises !

Le samedi matin, on vous coiffe en vous offrant une rose inattendue – merci, Guy. L’après-midi on vous fleurit la maison d’oiseaux de paradis, de lis, d’œillets, de roses encore et de rouges et de jaunes – merci Claire, Chantal, Denise, et toi, mon amour. À l’apéro on vous offre le champagne, on vous avance la voiture (non, pas de limo blanche, dieu et Benoît merci), on vous mène en un lieu mystérieux. Où des dizaines d’amis surgissent de la pénombre pour vous serrer dans leurs bras. Y a des couleurs et des ballons, de la musique, des mots d’amour, des souvenirs, des bébés, des cadeaux, du vin et belle-maman, et tellement, tellement de tendresse, vous en êtes tout ensoleillée. Merci Ken et Madeleine, Vincent et Nathalie, vous avez pensé à tout, merci Susan et Marcel, Annick, mes généreux, Jean-Claude et Michèle, mes littéraires, et à vous tous, nous étions trente-cinq, vous vous reconnaîtrez. Je vous aime tant.

Vous rentrez à la maison, la messagerie déborde, c’est la présence des absents, Pierrette à Longueuil et Françoise en Arizona, Peter-le-filleul et Monique-du-passé. Comment dormir ? La légèreté vous emporte par-dessus vos remparts.

Le 07.07.07 est accompli. Le passage est franchi. J’attaque le chantier!

Gravité

Tous 1 Commentaire »

Dernières semaines fébriles. Je me suis inexorablement avancée vers le no man’s land temporel d’une année zéro, entre deux décennies. Je m’y suis préparée dans une espèce de trac euphorique, mélange de curiosité craintive et d’abandon joyeux. Derrière moi, les cinq quartiers de ma ville et devant, la plaine lumineuse où bâtir le sixième, que j’habiterai durant neuf années pleines. On est l’architecte de sa vie, dit-on. Alors ne pas se tromper dans les plans. Ne pas répéter les erreurs de tracé. Couler des fondations solides, capables de résister aux avatars du destin. Laisser des rues ouvertes sur des perspectives surprenantes. Imaginer des places, des fontaines, des recoins fleuris.

Bâtir pour laisser advenir.

Travailler avec gravité. Comme dans Loi de la gravité. Celle qui vous colle au sol, vous ancre les pieds. Gravité d’un moment solennel. Quand la voix descend au fond de la gorge, que les gestes s’appuient, que le pas s’alourdit en se ralentissant. Je me suis allentie. J’ai marché, affermie, vers mon année zéro.


Réalisation : Jacques Robert