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pédagogie

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Vous avez tous vu ou entendu la «nouvelle» (qui date en fait de novembre) : les écoliers québécois peuvent accéder, dans le cadre du programme scolaire, à un site pédagogique conçu et réalisé par le club de hockey des Canadiens de Montréal, et payé à même la caisse du ministère de madame Courchesne. Sur fond de fier centenaire et dans l’angoisse du décrochage scolaire, l’Éducation se pète les bretelles. D’autres voix protestent au contraire : on ne fait pas appel à une entreprise privée qui a plein de choses à vendre et à défendre sans se faire avoir quelque part.

Des enseignants et, dans la foulée, des journalistes, analysent la chose. Je vous suggère de lire Michèle Ouimet, dans le coin gauche, et Pierre Cayouette dans le coin droit. Vous aurez les deux côtés de la médaille. Les deux ont tout mon respect pour la clarté de leur propos.

De mon côté, j’ai surtout des questions:

1. Manque-t-on à ce point d’imagination dans le milieu de l’éducation qu’on ne pouvait avoir tout seuls cette bonne idée, alors vierge de tout sous-entendu publicitaire, de faire des mathématiques et du français sur le thème du hockey et de l’histoire des Canadiens ?

2.  Manque-t-on à ce point de pédagogues patentés dans le milieu de l’éducation et de l’édition pédagogique qu’on doive faire appel à une entreprise totalement extérieure à la profession ? 

3.  Manque-t-on à ce point de discernement dans le milieu de l’éducation qu’on amalgame allègrement pédagogie et relations publiques ?

4.  À quand le guide pédagogique de la brasserie Molson ? Ou, pour rester dans le domaine des institutions centenaires auxquelles nos p’tits gars risquent de s’intéresser, celui de l’Armée canadienne ?

Dites-moi : délire-je?

photo : Site Bibliothèque et Archives Canada

Gros mot

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Mon collègue Jean-Yves, à toute heure à l’affût des curiosités d’Internet, vient de m’envoyer ce lien. L’anecdote semble véridique. En tout cas, on veut qu’elle le soit, c’est trop «marrant». Démonstration par l’absurde des subtilités (si on ose dire…) langagières. Surprised

Dimanche

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Yé! Quelques petites phrases lancées vite par manque de temps (c’est l’histoire de ma vie, ça…) la semaine dernière (Parap) et vous voilà bien allumés. Vous m’en voyez ravie. Je suis, comme vous à ce que je vois, régulièrement choquée par des anglicismes, barbarismes et autres horreurs, mais je me dis toujours «calme-toi, l’erreur va se corriger d’elle-même» ou encore «t’es donc grincheuse, la langue évolue, c’est normal». Mais non, les erreurs ne se corrigent jamais d’elles-mêmes et l’évolution de la langue ne naît pas de sa torsion mais de l’enrichissement de la pensée.

J’ajoute vos commentaires, les mots qui vous hérissent, à ma collection. Liza, vous me demandez d’expliquer les anglicismes que je dénonçais ? Cliquez sur Commentaires.

On est dimanche. Dans ma tête, dimanche rime avec blanche. Journée blanche. Comme une page à noircir de mots, de dessins oiseux, de plans ou de listes. Comme une grande lumière aussi, qui éclaire sans indulgence les jours derrière et vous aveugle quand vous regardez devant. Blanche comme l’ouate dans les oreilles qui vous fait toute molle en dedans, comme la crème rajeunissante-anti-tout qui vous fait la peau toute fraîche, comme le coton velours tout doux de ma robe de chambre, comme le nuage rond de petits anges tout nus qui font semblant d’être innocents. Blanche comme l’absence, la liberté, l’espace et l’aube. Bref, le dimanche je me dis que je peux tout faire, que je suis au début du monde. Alors, la plupart du temps, je ne fais rien du tout. Et le monde tourne sans moi. C’est aussi bien.

Y a quelque chose d’intéressant concernant le mot «dimanche» - on dirait une orchidée éclatée au bout d’une longue tige de di, vous ne trouvez pas? Tiens, il m’arrive à la mémoire une devinette (elle se trouvait dans un livre de papa, que j’ai perdus - le livre et le papa). «Quel jour commence comme les autres finissent?» Fin de la réminiscence.

Oui, intéressant. Tous les jours de la semaine font référence à un dieu (ou à un astre) : Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne. Pas dimanche. C’est le jour du Seigneur, avec un grand S. Mais au début, c’était  le jour du seigneur, avec un petit s, c’est-à-dire du maître de maison (domus), puis du domaine: dominus. Sa femme, c’était la domina, la dame. C’est de cette forme féminine qu’est né le mot français.

En somme, le dimanche, c’est le jour de la dame de la maison. Eh bien c’est comme ça que je me sens le dimanche. Une dame en blanc, une sorte d’entité flottante, hantant son domaine terrestre.

dame blanche

Photo : nikkita

P.S.: Des nouvelles de ma résolution. Elle ne va pas très bien. Elle a travaillé fort presque deux jours, les 26 et 27. Le 28, elle s’est épuisée. C’est tuant, d’être une résolution. Pauvre petite. Je la soigne et la remet sur pied.

Parap

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Ce matin, je ne vous parlerai ni d’Obama ni de politique économique ni du Moyen-Orient ni de morosité ambiante. Les commentateurs sur ces sujets se bousculent aux portes des médias et ils ont tous de passionnantes réflexions à livrer.

Le mien, de sujet, n’a pas rap du tout.

Je vais simplement me vider le coeur. Jeter en vrac sur cette page des tournures de langage qui m’énervent, mais qui m’énervent, jour après jour, à la télé, la radio, au bureau, partout ! Ça va me soulager gros gros gros. Il s’agit d’anglais mal traduit (êtes-vous étonnés?) germé dans le terreau du merveilleux monde de la vente. Y en a 10 888, je me limiterai à 5, l’heure tourne à ma montre Birks et l’autobus n’attendra pas. Les voici:

«Je vais vous partager mon secret.»

«Je suis tout à fait confortable avec ça»!

«Bon matin!»

«Copie-moi donc en même temps!»

«Qu’est-ce ça dit, les chiffres du mois dernier versus ceux de ce mois-ci ?»

Grrr… Si d’autres vous viennent à l’esprit, jetez-les hors de votre esprit, allongez la liste noire, allégez-vous!

P.S.: Des nouvelles de ma résolution du jour de l’An ? Disons qu’elle fait cahin-caha son petit bonhomme de chemin. Pas vite, vite. Elle se traîne les pieds. Y a pas mal de cailloux sur sa route. Mais elle avance.

Résolution (bien sûr)

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Le 2 janvier, au très sérieux bulletin de nouvelles de RDI, oui oui, RDI, on présentait un reportage pour expliquer comment tenir ses résolutions du Nouvel An. De deux choses l’une me suis-je dit: ou bien voilà une révélation cruciale qui va changer le monde, ou bien il manque cruellement de guerres, de famines, de bouleversements économiques et de drames humains, bref de nouvelles, sur notre petite planète.

On peut aussi penser qu’on n’a plus les échelles de valeurs qu’on avait. Mais bon, dans le temps des fêtes, peut-être faut-il jouer léger pour ne pas démoraliser l’auditoire.

En avez-vous pris, des résolutions, vous ? Moi, si. Je ne vous dirai pas ce que c’était, je garde mes vices cachés pour moi, je dirai seulement que vingt-quatre heures plus tard, j’y faillissais. Le 3 janvier au matin, je me suis rerésolue. Le 3 au soir, je refaillissais. J’ai essayé ressayé comme ça jusqu’au 9. Le 10, j’ai dit «Bof». 

Hier, j’ai attrapé mon dictionnaire (c’est un truc que j’ai pour me passer les nerfs et les remords). Résolution a deux sens. Le premier est du domaine de la solution (la résolution d’un problème). Le second est du domaine de la décision (la résolution de cesser de fumer). Et le second découle du premier. Autrement dit, prendre une résolution, c’est trouver une solution. Ah! que c’est intéressant.

Une bonne résolution apporte une solution. Stimulant, non ? Il suffit de ne jamais perdre de vue le bienfait de la solution et la résolution va se tenir toute seule. Ce devait être ça, le truc de RDI.

Ça y est, je me décide demain. On s’en reparle après-demain.