mar 25
-Le bonheur de le voir sortir de moi, encore relié mais déjà étranger
-Le bonheur de découvrir qu’il ressemble exactement à l’image que je m’étais faite de lui, après avoir rêvé à lui au septième mois de grossesse: le visage de son père, le corps de sa mère
-Le bonheur de lui découvrir des ressemblances que je ne soupçonnais pas: le nez de sa demi-soeur; les paupières de sa Mamie Pauline et de son arrière grand-mère Èvelyne; le menton de sa tante Carole; il vient de venir au monde mais il fait déjà partie d’un groupe, d’une communauté, d’une famille, d’une meute
-Le bonheur de le voir sourire même si je sais que ce n’est qu’un rictus, mais moi je m’imagine qu’il sourit à la vie
-Le bonheur de voir sa petite main abandonnée sur mon sein
-Le bonheur d’entendre le glouglou régulier du lait qui passe de mon corps à son corps et qui le nourrit et qui le protège et qui le rend plus fort
-Le bonheur … de dormir quatre heures et demi de suite! (je ne pensais jamais dire ça un jour)
-Le bonheur tout court qui me dit que j’ai fait le bon choix et que si, à la croisée des chemins, j’avais choisi une vie sans enfants, je l’aurais regretté amèrement, un jour ou l’autre.
mar 10
Le lapin est sorti du chapeau, dans la nuit de jeudi à vendredi, à une heure du matin. Sept livres et demi de bonheur, 51 cm de joie, et cinq heures de travail.
C’est la mode ces temps-ci de résumer sa vie en six mots. Voici mon accouchement en six mots: Had an epidural. Enjoyed the ride.
Nicolas est évidemment le plus beau et le plus adorable. Et surtout le plus chevelu. Les infirmières n’arrêtaient pas de me parler de sa “moumoute”.
Je suis la plus heureuse des femmes. Et c’est grâce à la gentillesse et aux grandes compétences des infirmières et du personnel de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Josée et Geneviève qui m’ont aidé à respirer pendant les contractions et le Dr Pierre Miron qui a offert à Nicolas son premier contact humain.
Merci.
mar 05
On a rendez-vous demain matin, 8h30 pour la plus folle des blind date. Est-ce qu’il portera une rose rouge à la boutonnière pour que je le reconnaisse?
mar 05
Pendant la grossesse j’avais mis mon végétarisme entre parenthèses, à la recommandation du médecin. Le bébé avait besoin de protéines. Mais j’ai quand même fait attention de manger, le plus possible, de la viande bio. Et puis, il y a une semaine j’ai visionné Fast Food Nation, une fiction (qui tient beaucoup du documentaire) sur les horreurs qui se passent dans les usines de transformation des viandes: insalubrité, exploitation des employés, cruauté envers les animaux, etc. Ça m’a ôté l’envie de re-bouffer de la viande ou en tout cas de manger de la viande industrielle.
J’ai bien rigolé aussi en visionnant Meatrix (une parodie de The Matrix) une bande dessinée pas du tout ragoûtante sur le même sujet.
Bref j’ai hâte au printemps et au marché bio d’Outremont. En attendant, je vais chez Rachelle-Béry et j’achète là tous mes produits bios (du lait aux citrons en passant par les biscuits pour mes belles-filles). Je pense aussi à m’abonner à un panier bio. Après avoir lu David Servan-Schreiber, je me dis que quand on a le choix entre deux produits, pourquoi sciemment prendre celui qui contient des toxines, des résidus d’insecticides et de pesticides? Un peu bêta, non?
mar 04
On avait pourtant rendez-vous hier, on n’avait pas convenu d’heure, mais comme je l’attendais depuis neuf mois, je n’allais pas chipoter sur les détails. Je l’ai attendu, attendu, il n’est jamais venu. Alors je prends mon mal en patience, je lis des livres sur lui, je lui achète un petit pull tout mignon (je me dis qu’il aura froid s’il arrive demain en pleine tempête), je soupire en regardant sa photo. Et j’attends qu’il se montre le bout du nez et que je puisse…. enfin …..l’embrasser!