Femmes d’affaires en Chine

Vie quotidienne Pas de commentaire »

Photobucket

Son siège social est à Hong-Kong mais elle vit à Pékin. Elle est espagnole, célibataire et pleine d’énergie. Yoga, danse du ventre, culture physique et virées dans les boîtes de nuit de Pékin à l’occasion. Débarquée en Chine il y a quelques années pour une grosse entreprise américaine dans le secteur de l’énergie elle à décidé de fonder sa propre boite liée aux énergies renouvelables (photovoltaïque, éoliennes, lampes led, etc.). En plus de parler l’espagnol, l’italien, le français et l’anglais elle se débrouille en mandarin. Ouf. Les quelques femmes d’affaires que j’ai rencontrées et qui se débrouillent en Chine présentent pas mal des profils identiques : elles ont de l’énergie à revendre, elles aiment l’argent mais surtout, elles aiment la Chine et les chinois (bien que pour notre espagnole les hommes chinois ne lui disent rien). Il le faut. Tout est très long pour percer en Chine malgré l’illusion que produit la vitesse de leur croissance.

Quand on négocie avec des fournisseurs chinois ont est toujours au moins deux à se présenter. Encore plus lorsqu’on est une femme. Personne n’est disponible pour l’accompagner? Qu’à cela ne tienne. Elle s’envole de Pékin le matin pour se retrouver dans le sud de la chine l’après midi face à face avec des interlocuteurs souvent médusés. La solitude, avoir un compagnon? Elle y pense… pas trop longtemps. Pour les femmes qui aimeraient se lancer dans ce genre d’aventure voici sont sites web : www.sunylight.com Entre Madrid, Hong-kong et Pékin elle projette de développer son business en Indonésie et au Canada. Femme casanière s’abstenir.

Femmes chinoises (3)

Vie quotidienne Pas de commentaire »

Photobucket
Actuellement « ayi » (nounou) Mme Hong a 50 ans et travaille pour un couple de médecins français. Elle prend soin de leur enfant et habite sous le même toit que ses employeurs.

Femme et santé

En ce moment MmeHong doit payer 70 % de ses soins de santé. A la retraite, ces soins seront pris en charge par l’État. On observe une inégalité de plus en plus marquée en matière de politique de santé publique en fonction des régions, les campagnes étant nettement moins bien nanties en cette matière.

La femme le couple et le mariage

Après 15 ans d’un mariage heureux le mari de Hong perd son travail et la situation du couple se détériore. Alcool et violence conjugale se mettent alors de la partie. Malgré des lois facilitant l’accès au divorce c’est difficilement qu’elle obtiendra le sien. Enfin, le divorce consommé, elle se retrouvera seule pour élever sa fille.

Aujourd’hui, son mari a retrouvé un travail et aimerait renouer avec son ancienne épouse. Celle-ci n’envisage pas de reprendre une vie commune avec lui bien qu’elle se dit prête à l’aider s’il avait des problèmes Actuellement, Hong fréquente un homme de son âge qu’elle a rencontré dans un parc de Beijing. Elle le fréquente lors de ses jours de congés. (Elle dispose à peu près d’une journée et demi par semaine). Cependant, pas question de cohabiter ou de dormir chez lui. Elle tient à son indépendance.

En ce qui concerne sa fille, elle n’aurait pas mis de pression sur elle pour qu’elle se marie. Comme celle-ci aujourd’hui, elle n’avait pas de préférence quant au sexe de son enfant au moment de sa grossesse; elle attend donc avec autant d’impatience une fille ou un garçon pour sa propre fille.

Il faut savoir cependant qu’en Chine on constate un déficit anormal de petite fille à la naissance 118 garçons pour 100 filles alors que la norme est de 105 pour 100. Infanticides, avortements sélectifs, enfants non déclarés participent à l’explication de cette statistique. Toutes les femmes interrogées m’ont indiqué qu’elles n’avaient pas de préférence quant au sexe de leur enfant. Un autre paradoxe chinois ou les statistiques semblent contredire les informations recueillies.

Femme et travail

Comme beaucoup d’autres en Chine, Hong a perdu son travail suite à la fermeture de son usine. Rappelons que les femmes sont le plus souvent les premières à être licenciées dans le cas de rationalisation ou de fermetures d’usine. Hong s’est vite reprise en main et a trouvée d’autres jobs le plus souvent liés à la petite enfance. Son mari n’ayant pas de travail elle a dû prendre à sa charge tous les frais liés à l’éducation de sa fille. Celle-ci terminera finalement ses études dans de bonnes conditions et dispose maintenant d’un travail.

Si certains la regarde de haut concernant le travail d’assistante familiale qu’elle occupe actuellement, Hong, au contraire, trouve ce travail valorisant et estime apprendre beaucoup au contact de ce couple de médecins. Elle pendra sa retraite dans trois ans (vers 55 ans) et disposera de la pension de son ancienne usine ce qui semble lui convenir.

Femme et éducation

Nous avons ici, je crois, un cas représentatif de ce qui se passe souvent en Chine en matière de discrimination. Comme les parents de Hong ne disposaient pas de l’argent nécessaire pour maintenir leurs deux enfants à l’école, le garçon lui a été préféré pour la poursuite de ses études. Mais que faire devant ce dilemme, ai-je demandé? Quant à elle, Hong, aurait dans ce cas de figure, accordé son support à l’enfant le plus méritant. Choix déchirant de toute manière.

Il faut savoir que l’éducation des enfants en Chine engouffre une grosse partie du budget familial. En général, les parents feront tout pour permettre à leurs enfants de parvenir jusqu’à l’université, dont l’accès est strictement contingenté. Quant à Hong, elle a pu, à force de sacrifices, « pousser » sa fille jusqu’aux études supérieures. Celle-ci saura sans doute plus tard lui témoigner sa gratitude puisque les enfants en Chine s’occupent plutôt avec prévenance de leurs vieux parents. Ceux-ci d’ailleurs, co-habitent souvent avec leurs enfants.

1421 ou un peu de chinois en moi

Vie quotidienne 2 Commentaires »

q
Cette date vous dit quelque chose? C’est l’année où les chinois auraient découvert l’Amérique. Ainsi, nos amis de l’empire du milieu, par amiraux eunuques interposés, auraient fait le tour du monde un siècle avant Magellan, découvert l’Amérique 70 ans avant Colomb et l’Australie 350 avant Cook. Incrédule? Allez-y voir.

Gavin Menzies, 1421, L’année où la Chine a découvert l’Amérique, 2004, Éditions Intervalles

Femmes chinoises (2)

Vie quotidienne Pas de commentaire »

Photobucket
Mlle Angelina Liu a travaillé à la télévision et dans le secteur des mass média. Elle étudie présentement la mise en scène pour le cinéma

Du DR Cheng à Angelina on passe dans un tout autre univers. Tradition et communisme d’un côté, modernisme anarchique à l’occidental de l’autre.

Pour Angelina la situation est nettement meilleure pour les femmes depuis ces dix dernières années. (La notion de matérialisme, occultée durant les 50 dernières années, aujourd’hui survalorisée, prend ici tout son sens). L’ouverture sur le monde par le truchement des media expliquerait en grande partie cette amélioration des conditions de vie et de la liberté de parole. De ce fait, il n’y a plus de sujets tabous (l’homosexualité par exemple). Chacun peut choisir son style de vie. Si elle admet les difficultés que les populations rurales subissent elle demeure confiante que les avancées sociales des grandes villes s’étendront graduellement aux campagnes.

Femme et santé

Le système de santé chinois serait relativement efficace selon Angelina. (Rappelons cependant que selon le Dictionnaire de la Chine Contemporaine 50% de la population urbaine et 80% des habitants des zones rurales ne sont couverts par aucun dispositif d’assurance maladie). Sur l’apparence des femmes chinoises et leur propension de plus en plus grande à passer sous le bistouri, Angelina, philosophe, nous rappelle Confucius qui s’exprimait à peu près en ces termes : « Vos parents vous ont donné ce corps à vous de le préserver à leurs images ».

La femme, le couple et le mariage

D’entrée de jeu, je lui souligne combien les jeunes pékinois sont démonstratifs : dans le métro, dans les parcs ou sur la place publique, ça roucoule à Beijing. Plus que chez nous me semble-t-il. Un expatrié résidant à Beijing depuis plusieurs années m’indique cependant que la flamme s’éteindrait assez vite après le mariage. Qu’en est-il?

Dans un premier temps Angelina m’explique que ces jeunes couples procèdent beaucoup par imitation. Ce qu’ils voient à la télévision ou ailleurs dans les médias les influencent. Après le mariage la situation ne serait pas si différente de ce qui se passe ailleurs. C’est partout pareil selon elle : la passion n’est pas éternelle. Elle s’insurge au passage contre les stéréotypes qu’on aurait des chinois à ce sujet et sur bien d’autres d’ailleurs. Au niveau des rapports qu’entretiennent les époux à la maison elle estime d’abord que les tâches ménagères sont mieux réparties en Chine qu’en occident. Enfin, le papa chinois serait un époux des plus attentionnés avant et pendant la grossesse de sa conjointe.

En ce qui concerne le comportement de la femme chinoise aux petits soins pour son époux à la maison, (« Xian qi liang mu », mère et épouse) elle parle plutôt d’un trait culturel qui n’a rien à voir avec les stéréotypes de la femme soumise. (Une jeune amie chinoise vivant au Québec abonde d’ailleurs dans le même sens). Selon Angelina, la majorité des hommes chinois seraient à la recherche de ce type de femme. Dans son cas cependant, ses nombreuses activités ne lui permettraient pas d’accorder autant d’attention à son conjoint.

A l’opposé du Dr Cheng, Angelina estime que les rapports sexuels avant le mariage et la cohabitation sont une bonne chose. Quoi de mieux qu’un essai avant de convoler. Elle admet cependant que le mariage est une pratique incontournable à moyen terme. L’avènement d’un enfant justifiant en partie la signature d’un contrat de mariage.

Concernant le conditionnement que la religion pourrait opérer sur les individus, notamment lié au mariage, Angelina rappelle que la religion influence peu en Chine. En effet, les gens questionnés sur ce sujet expriment une indifférence polie. 5 religions sont reconnues en Chine par le gouvernement (Bouddhisme, taoïsme, islam, protestantisme, catholicisme). Autre grand sujet.

En matière d’infidélité, elle avoue que le phénomène est assez fréquent mais plutôt chez les hommes. Si plusieurs femmes acceptent les escapades de leurs maris, c’est qu’elles ne peuvent renoncer aux conditions matérielles que cette union leur procure.

A ce sujet, ils sont nombreux à affirmer que la femme chinoise deviendrait très matérialiste. Certaines femmes déplorent d’ailleurs ces sujets récurrents de discussion entre elles : le mariage, le confort matériel, l’apparence physique et vestimentaire, etc. Plusieurs femmes déplorent aussi qu’il est difficile de garder le contact avec une amie après son mariage.

Femme et travail

Au chapitre du travail, Angelina croit que les conditions sont équitables entre les hommes et les femmes en excluant toujours le milieu rural. Dans le secteur des communications où elle évolue les problèmes de discrimination ou autres désavantages qui seraient liés du fait qu’elle soit femme ne se sont jamais posés. Elle rappelle que le système communiste est très explicite en matière d’égalité entre les sexes.

Dans le milieu des affaires ou les contrats se signent souvent autour d’un repas bien arrosé, Angelina prétend en rigolant que si la femme ne peut suivre le rythme des « ganbei » (l’expression chinoise pour porter un toast) elle compensera pas son sex-appeal.

Enfin à ce qui à trait à l’âge de la retraite évoqué plus haut cela ne la brime aucunement. Elle souligne que plusieurs femmes continuent à travailler quand même et que, quant à elle, cela lui permettra de faire bien d’autres choses.

Femmes chinoises (1)

Vie quotidienne Pas de commentaire »

Les femmes pourront soulever leur moitié du Ciel
C’était en tout cas le souhait exprimé par Mao lors de sa prise du pouvoir en 1949. Avant lui, la Chine vivait sous un système patriarcal teinté d’un confucianisme rétrograde ou la femme tenait pour bien peu de chose. Les 40 années de communisme qui ont suivi l’avènement au pouvoir de Mao ont fait place à une approche fondamentalement égalitariste notamment dans les sphères de l’éducation et du travail. Plusieurs textes ou lois ont du moins été écrits en ce sens.

Chirurgie esthétique, divorce, accès à l’éducation et aux soins de santé, égalité au travail… Sont-ce là les nouvelles préoccupations de la femme chinoise d’aujourd’hui? Trois femmes vivant à Shanghai et Beijing (Pékin), aux parcours différents, ont bien voulu prendre le temps de répondre à mes questions, parfois indiscrètes, sur les thèmes de la santé, le couple, le travail et l’éducation.

Photobucket
Le Dr Cheng est gynécologue dans un hôpital publique de Shanghai

Femme et santé

A moins de disposer d’une assurance privée il faut maintenant payer pour se faire soigner en Chine. Pour les fonctionnaires un certain encadrement médical est prévu. Pour les autres c’est du cas par cas. Le Dr Cheng avoue d’ailleurs que le gouvernement commence à se préoccuper de cette situation. Principal problème du système: le manque d’argent. On peut donc parler de médecine de riche et médecine de pauvre. Ainsi, les étudiantes, les femmes effectuant des petits travaux et celles des milieux ruraux reçoivent des soins nettement insuffisants et de moindre qualité. Avec le vieillissement de la population l’avenir du système de santé chinois soulève plusieurs inquiétudes.

La femme chinoise et son image

A l’instar de beaucoup de pays en voie de développement, la Chine n’échappe pas aux diktats des pays occidentaux en matière de beauté. Le « débridage » des yeux, le grossissement des seins, l’étirement des jambes pour gagner quelques millimètres sont quelques unes des interventions de plus en plus prisées par les chinoises. « Si elles ont l’argent qu’elles le fassent mais je déplore le grand nombre d’accidents et de tragédies liées à ces pratiques » explique le Dr Cheng, qui impute cette vogue par l’impact des média, le cinéma et Internet qui n’existait pas à son époque

La femme le couple et le mariage

Les procédures liées aux mariages et aux divorces depuis 2003 ont été simplifiées. Pour convoler, il n’est plus nécessaire de fournir l’autorisation de son unité de travail ni de subir un examen médical. L’âge minimum pour se marier est de 22 ans pour les hommes et de 20 ans pour les filles. Les procédures de divorces ont aussi été simplifiées. Bigamie, abandon du domicile conjugal, violence physique sont autant de motifs pouvant justifier une procédure de divorce si la séparation ne peut se régler à l’amiable

En Chine, tout comme chez nous à une certaine époque, l’homme détenait la parole dans le couple.  Les choses ont sensiblement changées en cette matière. Actuellement la plupart des femmes travaillent et contribuent à part entière au revenu de la famille, souvent plus que le mari. La femme a pris la place qui lui revient au sein du couple. Les prises de décisions ne sont plus l’apanage exclusif des hommes. Les tâches ménagères ainsi que les soins à prodiguer aux enfants sont aussi plus équitablement répartis selon l’emploi du temps de chacun. (Plus qu’en occident nous diront plusieurs). On assiste aussi (à Shanghai en particulier) à un phénomène croissant : la femme qui travaille pendant que l’homme reste à la maison.

Si la pression existe toujours sur les enfants (principalement sur les filles) pour qu’ils se marient rapidement cette coutume tend à s’amenuiser du moins dans les grandes villes. Ainsi, de plus en plus de jeunes couples demeurent ensemble avant le mariage. Celui-ci reste cependant une étape incontournable pour la plupart des chinois. (Ce n’est pas une question de religion, les chinois étant agnostiques pour la plupart, mais plutôt une manière d’officialiser l’union surtout pour l’enfant à venir). Le Dr Cheng souligne au passage que les filles au sortir des études chercheraient plus urgemment un mari (bien nanti de préférence) qu’un emploi.

Pour le Dr Cheng ces bouleversements liés aux couples ne sont pas forcément de bon augure. Plutôt traditionnelle, elle n’encourage pas les rapports sexuels avant le mariage. Certaines études tentent à démontrer que les rapports sexuels, la cohabitation et la multiplication des partenaires avant le mariage fragiliseraient le couple provocant une montée des divorces. Trop de permissivité donc selon elle. Elle se souvient avec un brin de nostalgie des unions issues du milieu de travail ou par exemple l’infirmière épousait le médecin.

Toujours pour expliquer la monté des divorces elle rappelle que depuis la politique de l’enfant unique (1979) les « petits empereurs » issus de ces unions et maintenant en âge de se marier sont plus égoïstes et capricieux ayant reçu une attention exclusive de leur parents et de leurs grands-parents. On fait moins de compromis selon le Dr Cheng. S’ajoute enfin la plus grande autonomie financière des partenaires qui expliquerait selon elle la montée des divorces. Du point de vue légal, si auparavant les époux mettaient tout leur patrimoine en commun on a aujourd’hui de plus en plus recours aux avocats pour établir son contrat de mariage.

Au chapitre de l’infidélité, elle constate que ce phénomène est de plus en plus fréquent chez les femmes mais que les hommes restent toujours les plus volages notamment les hommes d’affaire. Profitant de leurs nombreux déplacements ceux-ci seraient nombreux à installer leurs maîtresses dans une autre ville.

Femme et travail

D’après le Dr Cheng les conditions de travail (en milieu hospitalier et chez les fonctionnaires du moins) seraient assez équitables entre les hommes et les femmes. L’homme et la femme présentant les mêmes qualifications reçoivent les mêmes émoluments. Elle trouve injuste cependant et ne peut expliquer pourquoi l’âge de la retraite est de 55 ans pour les femmes (avec pension en conséquence) et de 60 ans pour les hommes. Les associations féminines essaieraient cependant de faire fléchir le gouvernement sur cet aspect.

Si pour le Dr Cheng il est plus facile pour la femme de trouver un job elle l’explique du fait que les femmes acceptent les emplois les moins valorisants, les plus durs et bien sûr les moins payants. Les femmes sont peu représentées dans les postes de responsabilité des entreprises d’état et pratiquement absentes dans le domaine politique. Dans les grandes villes elles occupent cependant de plus en plus de postes stratégiques au sein des entreprises à capitaux mixtes ou étrangers.
Malgré la législation sensée les protéger, les femmes sont les premières à être licenciées lors de la fermeture d’entreprises. Rémunération moindre, salaire impayé, licenciements abusifs sont encore souvent le lot des femmes chinoises.

Femme et éducation

Au chapitre de l’éducation des jeunes filles tout irait assez bien dans l’Empire du milieu selon le Dr Cheng. Elle admet cependant que dans les campagnes, les familles ayant un garçon et une fille favorisent plutôt l’éducation des garçons. Ce serait différent dans les grandes villes. (Ajoutons que le problème se pose dans une moindre mesure dans les villes puisque la politique de l’enfant unique est plus strictement observée que dans les milieux ruraux. Qu’on ait un garçon ou une fille ne présente donc pas de différence puisque l’enfant ira à l’école de toute manière).

Xie xie ni Laoshi

Parcs et loisirs 1 Commentaire »

Xie xie ni laoshi

Dès 7 heures du matin, se présente tous les jours au parc « Tuan Jie Hu» un formidable personnage : M. Zhengtao. Depuis plus de 15 ans, ce jeune retraité de 56 ans dirige bénévolement une chorale que ce soit sous des chaleurs torrides ou par des froids presque sibériens. Son apprentissage de la musique dans l’armée explique sans doute sa capacité de chanter sous tous les fronts. Toujours tiré à 4 épingles, c’est un peu le Michel Louvain de la place. Aussi, chaque matin se présentent avec lui une soixantaine de participants (principalement des femmes) la plupart retraités mais pas seulement. D’entrée de jeu, Zhengtao explique que le secret de sa jeunesse repose principalement dans l’enseignement du chant et dans l’exercice de la calligraphie. Il travaillait dans le secteur de l’imprimerie qu’il dut abandonner prématurément suite à la manipulation de substances toxiques. (Au passage soulignons que santé et sécurité au travail sont des concepts encore assez abstraits en Chine). C’est en observant quelques veilles dames qui s’escrimaient sur des partitions qu’il décide de les aider à parfaire leurs connaissances musicales. Devant l’engouement grandissant des participants pour cette petite chorale informelle il n’a jamais pu arrêter depuis, et il n’est pas rare qu’une centaine de personnes (touristes y compris) se regroupent autour de lui pour pousser la chansonnette. Ce qui le motive? Il estime que de faire plaisir aux gens lui rapporte tout autant de satisfaction. Zhengtao alors de citer un proverbe chinois : « Celui qui sait aimer les autres sera toujours aimé ». Au-delà de l’aspect ludique de l’activité, Zhengtao estime que le chant comme exercice respiratoire est un excellent moyen pour maintenir le corps en bonne santé en plus que de favoriser le travail de la mémoire. 

Si les jeunes sont plus rares lors de ces matins musicaux celui-ci m’explique qu’ils sont confrontés à des horaires surchargés. Qu’ils soient étudiants ou travailleurs, les semaines de 65 heures sont monnaies courantes en Chine. S’il écoute peu la musique populaire des jeunes chinois (qui provient surtout de Hong-Kong et de Taiwan) il la respecte avec une certaine indifférence. D’un autre côté, il voue une admiration sans borne au grand ténor Pavarotti. Notre Caruzzo chinois ne se fait d’ailleurs pas prier pour chanter quelques extraits du répertoire classique.  A cet égard, l’étendue des connaissances des chinois sur la culture occidentale est parfois étonnante compte tenu du relatif isolement dont ils sortent à peine (une vingtaine d’année). Ainsi donc, chaque jour à Pékin, que se soit dans les parcs du Ritan, du Tiantan, du Beihai ou du Chaoyang, plusieurs petits groupes se forment spontanément autour d’un Laoshi (professeur) pour pratiquer le chant ou autres activités artistiques.  Plusieurs des chanteurs du groupe de M. Zhengtao qui ont eut l’occasion de visiter d’autres parcs m’ont cependant fait une confidence : personne n’est aussi sérieux, respectueux et n’enseigne aussi bien que Zhengtao. 

Merci professeur

Vélo, boulot, dodo

Vie quotidienne Pas de commentaire »

velo boulot dodo

Bien sûr qu’il y beaucoup de bicyclettes à Pékin. Mais ce n’est pas réellement par choix. L’acquisition d’une voiture reste un luxe inabordable pour la plupart des ménages. Ainsi, voilà un autre paradoxe chinois. Alors que dans plusieurs grandes villes du monde on valorise et développe ce moyen de transport comme alternative à la voiture (Vélib à Paris en est un bon exemple) à Pékin, on semble accorder beaucoup plus d’importance à la voiture actuellement. L’automobile est devenue un signe de prestige et de réussite sociale alors que le vélo est plutôt ringard. Plusieurs s’inquiètent cependant. Si le désir des chinois de posséder une voiture devenait réalité, la ville serait tout bonnement impraticable. Les embouteillages à toutes heures du jour sont déjà le lot quotidien des milliers de pékinois. On aurait pu s’attendre à l’approche des Olympiques à des initiatives originales pour valoriser le vélo. Rien n’a réellement été fait en ce sens. Dommage. Pékin est une ville sans « faux plats » comme dise les cyclistes donc très facile à pédaler. Toujours est-il qu’il faut être très prudent quand on circule à Pékin. Les automobilistes conduisent en véritable « cowboy ». Enfin, si Pékin est reconnue comme une ville très sécuritaire il n’empêche que les vols de vélos sont légions. Déjà trois dans mon cas. Cela dit, le vélo reste un des meilleurs moyens pour circuler dans Pékin ou la visiter. Hors des grandes artères, pédaler dans les Hutongs (ruelles) de la capitale présente un charme indéniable et favorise les découvertes.

Histoire de tons

Vie quotidienne 2 Commentaires »

Ceux qui étudient le chinois vous le diront : le plus difficile dans cette langue, c’est la maîtrise des tons. En effet, le chinois utilise 4 tons. (Le ton est la hauteur et la courbe mélodique de la voix pour prononcer chaque syllabe). Ainsi le ton plat, le montant, le descendant, le descendant-montant, ouf. Bref, la torture des apprenants. Rassurez-vous, quoi qu’on en dise, on peut s’exprimer en mandarin sans maîtriser totalement cet aspect « mélodique ». Apprendre le chinois est principalement une affaire de mémorisation. Plus vous connaitrez de mots et pourrez les placer correctement les uns à la suite des autres (syntaxe), et surtout selon le contexte, mieux vous parlerez chinois. (Évidemment, il s’agit ici de connaître ces mots mais aussi de les reconnaître à l’écoute chez votre interlocuteur. Ça, c’est une autre paire de manches). Ainsi, relativisons les tons. La meilleure preuve? Les chansons. Si chaque syllabe devait posséder sa propre mélodie il serait bien difficile de composer une ligne mélodique… à base d’autres dessins mélodiques imposés. Toutes ces balades sirupeuses « middle of the road » qui pullulent sur les radios chinoises nous le rappellent. De toutes façons, les thèmes diffèrent peu des nôtres en cette matière: « Wo ai ni, Wo ai ni, Wo ai ni ». (Je t’aime, je t’aime, je t’aime).

Poussière sur la ville

Vie quotidienne Pas de commentaire »

Photobucket

Je ne suis pas un intégriste de l’environnement et, en général, supporte assez bien les villes polluées et même nauséabondes. Mais cette fois, je dois avouer que Pékin se distingue particulièrement en cette matière. Tout d’abord, la ville est actuellement un immense chantier à ciel ouvert. Pas un quartier qui ne soit frappé par cette chorégraphie frénétique: démolition/construction. Partout le même ballet de grues accompagné par “ensemble pour compresseur et marteaux piqueurs” digne des plus grandes partitions de musique contemporaine. Tous les jours, à toute heure du jour. J’ai fini par renoncer à épousseter mon appartement où la suie et la poussière se dépose et s’infiltre dans tous les recoins à une vitesse fulgurante. (Enfin, disons que j’enlève surtout l’essentiel et nettoie méticuleusement mes assiettes et ustensiles avant chaque repas et même pendant le repas si je reçois un coup de téléphone). Ensuite, combiné au fait que Pékin est une des villes les plus polluée au monde (charbon, automobiles, usines, etc.) et vous obtenez un cocktail qui fait que les journées éclairées par un franc soleil sont rarissimes. En fait c’est uniquement quand il pleut, ce qui rabat un peu la poussière, qu’on peut sentir une légère amélioration de la qualité de l’air. On dit que le gouvernement prendra des mesures pour les Olympiques. A voir. En attendant, ils ont commencé à interdire aux petits restaurants de quartier (les plus sympathiques) la cuisson des brochettes en plein air. Haro sur les BBQ! C’est un début.

Se faire laver

Vie quotidienne 2 Commentaires »

Les parapluies de Pékin

Évidemment quand on évoque la Chine on pense à toutes ces médecines ancestrales, ces potions miraculeuses, ces massages et autres sciences savantes comme l’acupuncture qui visent soit disant à rééquilibrer notre yin/yang. Allons y voir. Ma première expérience s’est déroulée dans un lavoir. Un lavoir pour tissus humains j’entends. Je pensais y faire toutes sortes de découvertes ésotériques mais non, rien que de très banal. Un type vous lave vigoureusement, on prend ensuite un bain glacé et on papote finalement avec les amis sur une chaise longue avant de repartir cigarette au bec. Cela ressemble plutôt à un club social. Tout comme les parcs, je crois que ces lieux sont surtout pour les chinois une occasion de fuir la promiscuité des maisons (accessoirement économiser l’eau chaude). Mon logement actuel, un petit deux et demi, abrite bien souvent des familles de 5 ou 6 personnes. Intimité zéro. Je me demande d’ailleurs si les chinois n’utilisent pas surtout leurs voitures afin d’y retrouver un peu de solitude. Pour revenir à mon “chinois-laveur” il était très étonné puisque, ne connaissant pas ce genre d’endroit, je m’y suis présenté sans savon, shampoing et autres détergents de sorte que j’ai eu droit à un lavage « à grande eau » sans plus. 5 $.

Se faire casser

Comme je fais beaucoup de sport ou que je vieillis, ou les deux finalement, je me suis retrouvé avec une épaule indocile parce que douloureuse aux moindres mouvements. Vraiment inconfortable surtout quand il s’agit de celle qui supporte quotidiennement votre sac à dos. Recommandé par un ami, je me présente donc dans un de ces innombrables salons de massage du corps et du pied qui ont pignon sur rue à Pékin. Si les sourires sont avenants à l’arrivée, on reprend vite son sérieux par la suite. Une séance d’écartèlement. Sans blague, j’ai eu peur. Ça pétrit, ça tire, ça fait claquer les articulations sans ménagement au point que je pensais ressortir plus mal en point qu’à mon arrivée. Je vous écris ce soir et je ne sais plus de quelle épaule il s’agit. 15 $ la séance (3 séances).

Se faire piquer

Continuons notre périple des médecines alternatives. Cette fois pour quelques raideurs. Ici, le masseur n’y pouvait rien. Va pour l’acupuncture et un des plus fameux hôpitaux traditionnels chinois de Pékin. Pas de doute, quand on vous pique on sent le courant passer. S’il me semble avoir ressenti quelques améliorations lors des premières séances (effet placebo?) tout n’est pas encore réglé pour autant. Dans ce cas de figure, l’acupuncture peut, au mieux, agir comme une sorte d’analgésique. Le docteur recommande d’ailleurs de toujours avoir recours à la meilleure des deux médecines. Ces gens là ne sont pas des fumistes. J’y retournerai d’ailleurs car je crois finalement que c’est efficace surtout quand, comme moi, on abhorre les médicaments.

Kuai, kuai*

L’argent change de main rapidement dans les hôpitaux de Pékin et vous avez intérêt à en avoir pour vous faire soigner convenablement. A peine piqué d’une douzaine d’aiguilles et tentant de relaxer, l’assistante me réclame ses 150 yuans.

- Yi bai wu shi kuai, yi bai wu shi kuai! (150 yuans)

- Deng yi xia, deng yi xia » (attendez un peu) lui disais-je tout en arborant ma fesse gauche constellée d’aiguilles.

Le sourire imperturbable m’indique que ça ne pourra attendre. Au prix de quelques contorsions douloureuses (ça fait très mal de bouger lorsqu’on a ces aiguilles sur le corps) je finis par extirper les précieux billets de mon portefeuille.

Par ailleurs,  c’est peut-être ici que je me suis fait laver réellement: 30 $ la séance (plus de 10 séances et j’aurais pu continuer longtemps à en juger par la rapidité avec laquelle l’assistante me prescrivait chaque fois un autre rendez-vous) alors qu’on peut recevoir les mêmes traitements pour 5 $ dans le « hutong* » d’à côté. Il faut dire que l’hôpital est un de ceux agréé par le comité organisateur des Jeux Olympiques. Décidément, le courant passe entre les aiguilles et les anneaux.

*Kuai : Deux significations (entre autre): Vite et Argent
*Hutong: Ruelle typique de Pékin